CONSTRUCTIONS EN BRIQUES
LA
PARIS ?'
LIBRAIRIE GÉNÉRALE RE L’A R C H I T E G T% lî E ET RES TRAVAUX PUBLICS
DUC H ER ET C
ÉDITEURS -
DE LA SOCIÉTÉ I DES OEUVRES .
CENTRALE DES ARCHITECTES | DK M. CÉSAR DALY
51, rue «les lieoles, 51
1878
\ VOLUME ÏN-4* COLOMBIER — KO II MAI DM I. ARCHITECTURE PRIVÉE AU XIX* SIÈCLE
PLANCHES EN COULEURS — TEXTE EXPLICATIF ET DESCRIPTIF AVEC DE NOMBREUSES FIGURES INTERCALÉES
iSertt publié on 5 livraisons do 1S planches
BRIQUE ORDINAIRE
DÉCORATIF
J. MCROUX
ARCHITECTE
T AIN , ARCHITECTE
CONSTRUCTIONS EN BRIQUES
BRIQUE ORDINAIRE
AU POINT DE VUE DÉCORATIF
CONSTRUCTIONS EN BRIQUES
LA
BRIQUE ORDINAIRE
AU POINT DE YÜE
DÉCORATIF
PAR
J. LACROUX
ARCHITECTE
Texte par C. DE T -A. IN, architecte
PARIS
LIBRAIRIE GÉNÉRALE DE L’ARCHITECTURE ET DES TRAVAUX PUBLICS
DUCllER ET C,E
EDITEURS
DE LA SOCIÉTÉ I DES OEUVRES
CENTRALE DES ARCHITECTES | DE M. CÉSAR DALY
51, rue (les Écoles, 51
1878
mmh
INTRODUCTION
Quelles ressources décoratives la brique ordinaire, soit employée seule dans
les constructions, soit associée à la pierre, au bois ou au fer, présente-t-elle
à l’architecte, étant admis son emploi toujours rationnel, conformément aux
règles de l’art de bâtir, le jeu possible de ses trois couleurs naturelles (rouge,
jaune pâle et noire) et la non-existence de moulures courbes dans les profils
saillants faits en briques? Telle est la question très précise à laquelle
répond l’auteur de cet ouvrage, par une foule d’exemples applicables à
toutes nos constructions modernes et classés méthodiquement, comme dans
une grammaire, en procédant du simple au composé.
Mais cette question en soulève d’autres préalables, auxquelles nous répon-
drons dans cette étude, avant d’entrer dans le plein de notre sujet ; Qu’en-
tend-on par brique ordinaire ? Qu’entend-on par son emploi rationnel ? —
Nous dirons rapidement son histoire; ses qualités très différentes selon la
nature des terres dont elle est fabriquée, selon les procédés de sa fabrication
et selon sa cuisson; ses dimensions courantes et les tonalités variables de ses
couleurs naturelles, que rectifient et avivent, souvent trop brutalement, les
jointoyeurs, lors de la parure finale des ravalements. Nous décrirons aussi
les divers procédés de jointoiement en usage. Toutefois, le point important de
notre travail sera l’exposé descriptif et critique des six appareils constructifs
rationnels que permet l'emploi de la brique ordinaire, pour des épaisseurs
de murs d’une largeur ou d’une longueur de brique, d’une longueur et
demie, de deux longueurs, etc..., — appareils se traduisant par autant de
types décoratifs nettement déterminés, et auxquels se rapportent tous les
briquetages figurés dans ce livre.
Nous entendons par type décoratif l’aspect particulier fourni sur un mur
uni par le seul appareil des briques, indépendamment des couleurs. Ainsi,
en outre des types d’imbrication qui caractérisent l’appareil tout panneresses
(appareil n° 1) et celui tout boutisses (appareil n°2), il y a le type à
chaîne verticale simple (appareil n° 3), le type dit en croix ou à diagonales
losangiques continues inclinées à 45 degrés (appareil n» 4), le type à
double chaîne verticale emboîtée (appareil n° 5), et celui, enfin, à double
chaîne verticale non emboîtée (appareil n° 6).
Tous ces types sont fixes, mais le jeu des couleurs y introduit l’infinie
variété du goût et de la fantaisie, sans toutefois les effacer.
Quant aux saillies, leur exécution nécessite forcément quelques modifications
à l’appareil constructif adopté, mais le principe qui domine leur composition
est de ne s’écarter de cet appareil que le moins possible, et de subordonner
toujours l’effet décoratif de ces saillies à la solidité de leur construction.
Nos lecteurs pourront se rendre compte, en examinant avec attention les
saillies architecturales que contient cet ouvrage, de ce qu’il est possible de
faire en ce genre, à la fois de solide, de varié et de beau.
Comme on le voit, ce livre est un véritable traité de la décoration des
constructions en briques, et non pas une œuvre de compilation ni de pure
fantaisie. Nous appelons l’attention de nos lecteurs sur la méthode adoptée
par son auteur pour le classement des briquetages décoratifs qu’il expose,
et qui présente le triple avantage : — de montrer, dans un cadre déterminé,
à la fois l’étendue et l’importance du sujet enfermé dans le titre de cet
ouvrage; — de faciliter la comparaison des briquetages de même ordre,
nécessaire pour motiver un choix, — et d’indiquer la composition décorative
générale des constructions en briques, par l’étude successive et progressive
des diverses parties de ces constructions.
D’abord vient la décoration des surfaces illimitées, avec chacun des six
appareils constructifs adoptés, et leur application à des bâtiments de tous
genres ; puis celle des surfaces limitées, sous la forme de frises, de tru-
meaux, de panneaux, chaque motif se rapportant toujours à l’un ou l’autre
de ces mêmes appareils. Vient ensuite la composition décorative des saillies
simples, de celles verticales : chaînes, jambages, piliers et pilastres, et
de celles horizontales : bandeaux, cordons, etc... Le chapitre suivant, très
compliqué, étudie sous le titre de saillies combinées l’ornementation des
portes, fenêtres, lucarnes et œils-de-bœuf; des corniches horizontales, incli-
nées ou circulaires ; des amortissements de toutes formes, tels que pignons
frontons, balustrades et crêtes; des souches de cheminées, des cheminées
d’usines, etc..., ainsi que des piliers pour portes et grilles. Enfin, dans un
cinquième et dernier chapitre se trouvent des ensembles, tels que murs de
clôture, maisons, hôtels privés, pavillons de concierge, écuries, remises,
orangeries, etc.
BRIQUE ORDINAIRE
AU POINT DE VUE DÉCORATIF
i
HISTOIRE DE LA BRIQUE
La brique est le plus ancien des matériaux artificiels employés par l’art de bâtir. Son nom vient du
celtique briq, qui veut dire terre cuite. Ses origines se perdent dans la nuit des temps; mais, si loin
qu elles remontent au delà des âges historiques, elles ont été précédées de beaucoup par l’art de fabri-
quer les poteries, qui a su mettre au service de l’homme, dès l’époque de la pierre polie, quand se leva
devant lui la famine menaçante, par suite de la disparition rapide de la faune quaternaire, des vases
capables de contenir des liquides et de résister au feu, avec lesquels il put faire bouillir ses aliments et
modifier ainsi, à son profit, sa manière de vivre. Grossières poteries, il est vrai, mais que la nécessité et
le temps perfectionnèrent jusqu'à produire, bien axant l’emploi constaté de la brique, ces beaux vases d’un
noir lustré appartenant à l'époque du bronze, qu’on trouve dans les stations lacustres de la Suisse et du
Bourget, etc.
L’archéologie préhistorique constate l’existence en Gaule, bien avant cet âge du bronze, de véritables
fours à cuire les poteries. Or, industriellement, du vase de terre cuite, même informe, à la brique, il n’y
a qu’un pas facile à franchir. Mais pour que l’homme fit ce pas au service du progrès de l’humanité, il
fallait nécessairement : d’abord, qu’abandonnant ses tanières primitives, ses huttes et ses tentes, il voulut
se fixer à demeure sur les lieux qu’il avait choisis pour vivre à la fois en famille et en société, ce qui im-
plique un état de civilisation déjà fort avancé ; ensuite, que, n’ayant ni pierre ni bois en suffisance sous la
main, pour élever ses constructions, il dût se fabriquer des briques, soit avec le limon des cours d’eau
sur le bord desquels il venait s’établir, soit avec la terre grasse des vallées oii s’étendaient ses pâturages,
ce qui exige une expérience acquise déjà longue en l’art de bâtir. Ainsi s’explique naturellement, malgré
le temps énorme qui sépare les premiers vagissements de notre civilisation européenne occidentate des
premiers âges bien caractérisés de l’antique civilisation orientale (si bien que la vallée du Nil avait déjà
une puissante civilisation, quand nos sauvages aïeux ne vivaient encore que de chasse et de pèche), l’appa-
rition relativement tardive de la brique, bien après que se fut répandu partout l’usage de la poterie, et
l’emploi considérable qu’en firent rapidement, cuite au four ou seulement durcie par les rayons du soleil,
les premières sociétés qui s’épandirent, quelque vingt ou trente siècles avant notre ère, dans les plaines
2
fertiles qu’arrosent le Tigre et l’Euphrate, en Asie-Mineure, en Syrie, en Égypte, dans l’Inde et jusqu’en
Chine ; et l’on conçoit que, privées de matériaux naturels à leur proximité et dépourvues de moyens
suffisants de transport, ces sociétés, trouvant au contraire sous leurs pas la terre à brique en abondance,
s’en soient servi pour ainsi dire exclusivement et aient fait faire à la fabrication des briques de
rapides progrès.
La Genèse signale l’emploi de briques cuites à la construction de la tour de Babel : « Et ils se
dirent T un à l'autre (les peuples partis de l’Orient et s’arrêtant dans une campagne): Or ça, faisons des
briques et les cuisons très bien au feu. Ils eurent donc des briques au lieu de pierres, et le bitume leur
fut au lieu de mortier. Puis ils se dirent : Or çà, bâtissons une ville et une tour de laquelle le sommet
soit jusqu'aux deux »
Ninive et Babylone étaient bâties en briques. Hérodote nous rapporte (livre Ier) : « que pour con-
struire les remparts de Babylone, en même temps que Ton creusait les fossés on faisait des briques
avec la terre qu'on en retirait, puis qu'on les faisait cuire au four et les employait avec le bitume en
ébullition » Le bitume abonde, en effet, dans ces contrées, et l’emploi de cette substance, au même
usage, est encore usité à Bagdad. Le voyageur J, B. Tavernier, anobli par Louis XIV pour services ren-
dus à la France par les nombreux voyages qu’il fit en Turquie, en Perse et en Asie, auxvne siècle, dit
que ces briques mesuraient six pouces de long sur six pouces de large et trois pouces d’épaisseur.
Dans les ruines de Babylone, on a trouvé des briques couvertes d’un émail, et Diodore de Sicile
mentionne un stade construit par Sémiramis, dont les murs étaient en briqués cuites ornées de bas-reliefs.
L’historien de David fait mention d’un four à cuire les briques construit par les Ammonites, et que
ce roi, après la prise de Rabbaht, leur capitale, força les vaincus de traverser pour les humilier.
Mais l’usage des briques crues, dans ces pays d’Orient toujours visités par le soleil, se généralisa
partout, tandis que celui des briques cuites ne fut, pour ainsi dire, qu’exceptionnel. A Babylone, l’inté-
rieur des murailles en était composé. L’Égypte, particulièrement, en fit une consommation considérable,
jusque dans l’érection de ses pyramides. L’Exode raconte (chap. V) que les Égyptiens se faisaient servir
avec rigueur par les enfants d’Israël, « tellement qui ils leur rendirent la vie amère par une dure servi-
tude, en les employant à faire du mortier, des briques et toutes sortes d’ouvrages. »... Et l’historien
juif Flavius Josèphe nous apprend (livre 2, chap. v) qu’en Égypte « on mélangeait de la paille hachée avec
la terre dont on faisait les briques » .
Ce mélange était nécessaire, en effet, pour empêcher les briques de se fendiller en séchant. La mul-
titude des brins de paille placés dans leur épaisseur, en tous sens, s’oppose à la désunion des parties et
sert de lien à la terre. Les anciens estimaient qu’il fallait deux ans pour sécher les briques crues, de ma-
nière qu’on pût s’en servir avec succès, et Vitruve dit qu’à Utique les magistrats ne permettaient de les
employer qu’après examen et lorsqu’il était prouvé qu’il y avait cinq ans qu’on les avait moulées.
Les briques crues de la Babylonie et de l’Egvpte étaient grosses et lourdes. Celles qu’on retrouve
sont remarquables par leur conservation au bout de plus de trois mille ans, malgré leur friabilité, et l’on
distingue encore parfaitement les débris de végétaux qu’on y a introduits. « Celles de Babylone, dit
Brongniart, sont presque toutes couvertes d' inscriptions en caractères cunéiformes qu'on ne peut ni
lire ni comprendre. Le musée céramique de Sèvres en possède deux, qui sont carrées et de plus
de 0"‘,35 de côté. Nous ferons remarquer que, depuis l’époque où Brongniart écrivait, la lecture de ces
inscriptions a fait des progrès. C’est ainsi, par exemple, que M. Layard a pu démontrer que l’édifice
appelé Birs de Nemrod est la ruine d’une construction de Nabuchodonosor, dont on trouve le nom sur
toutes les briques.
Brongniart cite encore le temple de Pachacamac, au Pérou, comme ayant été bâti en très grosses
briques crues, restées solides jusqu’à présent et sans aucune gerçure.
La grande muraille de la Chine est en majeure partie construite en briques, intérieurement, avec
revêtements de pierres. De même sont les murailles de la grande pagode de Chalembron, dans Filin—
doustan.
Les Grecs connurent de bonne heure la brique : les murs de Mantinée et une partie de ceux d’Athènes,
ainsi que divers temples, parmi lesquels celui d’Apollon, à Mégare, étaient en briques; en briques,
également, « et très cuites , dures et rouges », dit encore Brongniart, les palais de Crésus, à Sardes,
d’Attale àTralles, etdeMausole, à Halicarnasse. Ce dernier était revêtu de marbre, mais le plus souvent
les murs en briques étaient enduits d’une couche de stuc. Vitruve, qui décrit au long ces palais (livre 2,
chap. viii) et vante à ce propos l’emploi des briques dans les constructions, ne dit pas un seul mot tou-
chant la nature de ces briques. Dans le chapitre me du même livre, où il traite delà fabrication et de l’em-
ploi des briques, c’est uniquement de briques crues qu’il parle, et nullement de briques cuites.
« Il s'en fait de trois sortes, dit-il ; la première est celle dont nous nous servons, qui est appelée en
grec didoron : elle est longue d'un pied et large d'un demi-pied; les deux autres , qui sont le penta-
doron et le tetkadoron, sont employées par les Grecs. Les ouvrages publics se font avec le pentadoron,
et ceux des particuliers avec le tétradoron. » Elles étaient carrées et mesuraient, la première cinq
palmes de côté et la seconde quatre. Le palme grec, représenté par la largeur des quatre doigts de la main
ouverte, était de 0.D‘077, mais celui romain de 0"\0739 seulement, ce qui donne environ 0m,37 de côté
pour le pentadoron et 0“\ 30 pour le tétradoron. Le pied comptait quatre palmes, et mesuraitainsiOm2956.
L'épaisseur de ces briques, dont Vitruve ne dit rien, devait être à peine de 5 centimètres, si l’on s’en
rapporte aux indications insuffisantes du Dictionnaire des antiquités romaines d’ Anthony Rich. L’archi-
tecte Philander, qui annota Vitruve, dit avoir vu des briques trouvées dans une fouille aux environs de
Rome, qui avaient deux pieds et un pouce et demi de longueur et de largeur, et deux pouces un tiers
d’épaisseur. Il y avait aussi des briques triangulaires.
II est étrange que Vitruve ne parle pas, ou du moins ne dise qu’un mot (livre I, chap. v) des briques
cuites (« aut coctus later sive crudus), que cependant les. Romains employèrent beaucoup dans leurs
constructions. Ils en firent non seulement des murs, mais des pavages dans lesquels les briques, placées
de champ, formaient un appareil en arêtes de poisson {opus spicatum) ; les rues de Sienne et de plu-
sieurs autres villes d’Italie sont pavées aujourd’hui de cette manière. Marcus Varron, dans son traité
d’agriculture [De re rusticâ, livre 1, chap. xiv), dit, en parlant des clôtures, qu’on en faisait de quatre
sortes de matériaux : de pierres, comme à Tusculum ; de briques cuites, comme dans la Gaule ; de briques
crues, comme dans les champs Sabins; enfin, de blocs composés de terre et de cailloux jetés au moule,
comme en Espagne et dans la plaine de Tarente. Il parait certain, en tous cas, que Rome, durant ses pre-
miers siècles, ne fut qu’un amas informe de briques crues et de torchis. Bientôt, cependant, pour écono-
miser l’espace, les lois vinrent interdire de donner plus d’un pied et demi d’épaisseur aux murs, ce qui
obligea les constructeurs à se servir d’autres matériaux plus résistants, les murs en briques de cette épais-
seur, disent Pline et Vitruve, ne pouvant pas supporter plus d’un étage ; de sorte que la brique disparut
presque de Rome. Rondelet cite le Panthéon d’Agrippa comme étant le plus ancien édifice dont les
Romains construisirent entièrement tout le gros œuvre en briques cuites. Les monuments de Rome
antérieurs au règne des empereurs, sont bâtis de pierres et de tuileaux plutôt que de briques proprement
dites. Sous Galien, on formait les murs alternativement d’un rang de briques et d’un ran» de
pierre tendre et grise. Pendant le Bas-Empire, on se servit beaucoup de grandes et minces briques
fortement cuites, pour en former des lits continus dans les murs, des assises de liaisons alternant
avec des assises de maçonnerie élevées en blocages entre deux parements de petits moellons
grossièrement appareillés; et ce mode de bâtir fut appliqué jusqu’au ixe siècle, dans les édifices romano-
byzantins du genre religieux. Ainsi étaient les constructions gallo-romaines et. mérovingiennes. Mais
après le ixe siècle, dit Viollet-le-Duc, on cessa généralement d’employer la brique mêlée à d’autres
matériaux.
La plupart des briques romaines parvenues jusqu’à nous portent le nom et la marque de fabrique du
briquetier qui les a faites ; il en est dont la date remonte au consulat.
Les Maures d’Espagne ont employé la brique dans la construction des murs de l’Alhambra et de la
mosquée de Cordoue.
L’historien anglais Tobie Smolett dit que l’art de fabriquer la brique fut introduit en Angleterre par
le roi Alfred, c’est-à-dire au ixe siècle ; mais son compatriote le médecin et littérateur Aikin assure
que cet art n’v a été pratiqué que vers le milieu du xive siècle, et il cite, comme exemple de première
application importante, une partie du château des archevêques de Cantorbéry, à Croydon. M. Woodcroft,
ancien directeur de l’office des patentes d’invention, à Londres, quia publié de très intéressants docu-
ments historiques sur la fabrication des briques et des tuiles (voir la Revue d Architecture de M. César
Daly, année 1862), dit que le plus ancien édifice anglais bâti en briques modernes est la halle de Little-
Wenham (Suffolk), construite en 1260 ou 1280, mais qu’il est à croire que cette halle et les autres édi-
fices semblables de cette époque ont été construits par des Flamands, ou tout au moins en briques de Flandre.
Depuis ce temps, l’usage des briques est devenu de plus en plus commun en Angleterre, à ce point que,
depuis trois siècles, il parait avoir, dans beaucoup d’endroits, remplacé presque complètement l’emploi
de la pierre. On y remarque de très beaux et très curieux spécimens de constructions en briques du
xvu° et même du xviii® siècle ; les ornements y sont en partie moulés et en partie taillés dans les
briques après leur cuisson.
Suivant Hope, cité par Brongniart, ce n’est qu’au xiv° siècle que les briques ont été em-
ployées en Toscane et en d’autres parties de l’Italie. M. Voodcroft dit que (les briques généralement
usitées aujourd’hui en Italie paraissent identiques avec celles des ruines romaines, et qu’on voit
aisément que la méthode de les fabriquer et de les employer n’a pas changé , mais qu’on trouve
cependant, en Lombardie surtout et dans d’autres villes d’Italie, nombre d’édifices construits entière-
ment en briques parementées, et non pas en massifs de briques revêtus de parements d’une autre matière.
Il cite en ce genre le campanile de Saint-Antoine de Padoue, du xin® siècle ; le Parloir des Mar-
chands, à Bologne, de la fin du même siècle ; .l’église de Santa-Maria-in-Strata, à Monza, du xiv® siècle,
et nombre d’autres édifices élevés à Pavie, à Milan, à Pise, à [Sienne, à Ferrare, à Ravenne, à
Home, etc.
En France, après le ix® siècle, mais exceptionnellement, dit Viollet-Le-Duc, et seulement dans une
partie du Languedoc, où la pierre fait complètement défaut, la brique continua d’être employée avec la
pierre, mais non à la manière romaine : elle servit alors à former les parties de remplissage, les parements unis
des voûtes et des murs, par exemple, tandis que les parties saillantes de la structure, les piles, les chambranles
des baies de portes et de fenêtres, les bandeaux et les corniches étaient en pierre; puis, au xm® siècle et même
jusqu’au xvn® siècle, la pierre se réduisit aux meneaux de fenêtres, aux colonnes et à quelques points d’appui
isolés et de faible diamètre. Ainsi sont bâtis entièrement l’ancien couvent des jacobins de Toulouse, le collège
Saint- Rémond et les murailles de la même ville, l’église fortifiée de Simorre, dans le Gers, le pont de
Montauban, la cathédrale d’Albv, les églises de Moissac, de Lombez, etc., et nombre de maisons de Tou-
louse et d’Alby. La brique employée dans ces constructions est grande, presque carrée (d’environ 0"‘.33
sur 0,n.25 et 0ra.06), et scellée en mortier à joints très épais. A partir du xv® siècle, on fit un fréquent usage
des briques dans les constructions civiles; les architectes de la Renaissance aimaient à les employer, soit
comme revêtement, soit comme ornementation, mariées à la pierre ; on peut citer en exemple l’aile de
Louis XIII du château de Blois, certaines parties de celui de Fontainebleau, et le château de Madrid, près
Paris, bâti par François I", et dont les briques étaient émaillées. On peut citer encore, dans le Bourbon-
nais, au château de la Palisse, à Moulins même, des constructions élevées en briques et mortier qui datent du
xv® siècle, et dont les parements présentent (par l’alternance de briques rouges et noires) des dessins variés,
tels que losanges, zigzags, chevrons, etc. Dans les constructions en pans de bois du nord de la France, des
xv® et xvi® siècles, la brique est utilisée comme remplissage entre les poteaux, décharges et tournisses; et
la manière dont elle est posée forme des dessins variés. Il s’agit là de briques cuites, mais on trouve
aussi nombre de constructions en briques crues, à la ville comme à la campagne : à Toulouse, à
Montauban, à Perpignan, etc. ; même dans les pays du Nord, à Reims et à Beauvais. Les briques crues
de Champagne ont 30 centimètres de long sur 14 de large et 7 à 8 d’épaisseur. Mais ces briques de
Champagne et de Picardie sont des agglomérés de terre crayeuse plutôt que des briques proprement
dites, et il est probable que la marne y remplit le rôle d’un ciment. Toutes les constructions en briques
crues sont recouvertes d’enduits.
Viollet-Le-Duc, à qui nous empruntons la majeure partie de ces détails, dit encore que, dans le reste
de la France (le Languedoc excepté), la brique moulée n’a été employée que rarement pendant le moyen
âge, tandis qu’elle le fut fréquemment, au contraire, en Italie, en Belgique, en Hollande, en Allemagne, etc.
« Le duché de Brandebourg, au nord de la Prusse, paraît avoir été, dit M. Woodcroft, le centre
d où s’est étendu ce mode de construction, et l’on y trouve d’anciens édifices qui datent du xne au xvi® siècle
et qui méritent d’être examinés. Marienbourg, Lubeck, Dantzig et Schwerin, peuvent être cités comme
contenant des monuments remarquables, séculiers ou ecclésiastiques, élevés en briques. Presque
toutes les constructions de ce genre qui subsistent en Allemagne sont gothiques, et plusieurs ont été
exécutées avec beaucoup d’art, entre autres l’église de Sainte-Catherine, à Brandebourg, dont la riche
partie (la chapelle du Saint-Sépulcre) a été élevée à la fin du xiv® siècle, en briques de diverses couleurs,
enrichies de dessins très variés et dont le travail peut rivaliser avec celui de toutes les incrustations
en pierre de la même époque. »
De nos jours, l’emploi de la brique, au double point de vue constructif et décoratif, a pris des dévelop-
pements considérables, qui s’expliquent par le raffinement continu du goût public et par les progrès
incessants de l’industrie céramique; et l’on construit en briques jusque dans les pays où la pierre abonde.
On aime ces maisons de plaisance si gaies d’aspect, si pittoresques, dont les vives couleurs se marient si bien
avec le feuillage des arbres, et qui, depuis un quart de siècle, se sont élevées en si grand nombre un peu
partout, dans toutes les stations balnéaires, par exemple, en France, en Angleterre, en Allemagne, etc.
On s’exerce à tirer parti des excellentes ressources décoratives polychromes que la brique présente.
A Paris même, la ville de pierre en regrattage continuel, ne voit-on pas avec plaisir s’augmenter le
nombre cependant déjà grand des élégantes façades de ce genre élevées dans ces derniers temps? Et
ne peut-on pas conclure de tout ce mouvement, que l’avenir appartient aux constructions en briques
apparentes? Leur étude est partout à l’ordre du jour. C’est notre dernier mol.
II
DES BRIQUES
DIVERSES ESPÈCES DE BRIQUES
En outre des briques crues, que l’on continue d’employer dans les pays méridionaux, et des
briques cuites, dont l'usage est général et ne lait partout que s’accroître, on fabrique aujourd’hui
couramment, sous lorme de briques, des agglomérés de plusieurs sortes, dont il existait
d’excellents spécimens à l’Exposition universelle de 1878. Mais parmi toutes ces briques nous n’avons
à examiner, pour ne pas sortir du cadre de cet ouvrage, que celles capables de former des brique-
tages de parement. Nous ne dirons donc rien des briques crues, que l’on ne peut employer avec
quelque sécurilé qu’en les recouvrant d’un enduit préservateur contre les injures de l’air, et avant
de parler des briques de terre cuite, nous appellerons l’attention sur les briques à base de chaux
ou de ciment, que nous désignerons sous le nom de briques hydrauliques, et qui paraissent devoir, dans
un avenir prochain, entrer en concurrence avec les précédentes sous le triple rapport du prix, de la
solidité et de l’aspect. Mais d’abord qu’entend-on par brique ordinaire, cette brique avec laquelle
l’auteur de cet ouvrage a composé tous ses dessins?
1*
— 6 —
LA BRIQUE ORDINAIRE
C'est l’élément constructif proprement dit et en quelque sorte unique des constructions ordinaires
en briques, — un parallélipipède rectangle de dimensions inégales et quelque peu différentes
selon les pays, mais proportionnées entre elles le plus ordinairement : : 1 : 2 : 4, 2 étant la largeur
(diminuée toutefois d’une demi-épaisseur de joint), condition absolue pour qu’il soit possible de former
des assemblages réguliers bien liaisonnés et présentant des joints d’à peu prés égale épaisseur,
soit en construisant avec des briques pareilles posées à plat des murs pleins d’une épaisseur
successivement croissante d’une largeur de brique, soit en combinant des appareils divers avec les
mêmes briques entremêlées à plat et de champ; dimensions d’ailleurs déterminées par des considé-
rations de bonne fabrication et de facilité de mise en œuvre, auxquelles répond parfaitement le
moule de Bourgogne, de 0“.22x0".ll (plus exactement 0",10b environ) X 0”.055 (anciennement
8° x 4° X 2°) . maintenant adopté par la fabrication moderne en France et à l’Étranger, mais avec
un surcroît d’épaisseur malheureusement très variable selon les fabriques, et qui devient nuisible
quand s’impose l’obligation d’employer ensemble des briques de diverses provenances. Certes,
il est plus économique de mettre en œuvre des briques épaisses que des briques minces, mais la
qualité des briques souffre trop souvent de leur excès d’épaisseur, par suite d’une cuisson insuffi-
sante, pour qu’il ne soit pas nécessaire, en s’appuyant de plus sur l’observation précédente, d’insister
pour l’adoption générale du moule exact de Bourgogne, avec ses trois dimensions : 0",22 X 0-,i05
X 0”,0S5.
Il s’en faut de beaucoup que toutes les briques possèdent une longueur exactement double de leur
largeur, plus un joint. Do fait, il ne résulte, pour la facilité d’emploi de la plupart des briques de lerre
cuite, aucun avantage bien réel de cette proportion compliquée, car le retrait inégal des briques au
séchage et à la cuisson, sous des influences diverses et toujours changeantes, crée des inégalités très
variables dans leurs dimensions correspondantes; si bien que l’on peut dire, sans trop exagérer, qu il
n’existe pas deux briques de terre cuite absolument pareilles, non seulement provenant de fabriques
différentes, mais de la même fabrique et de la même fournée. Le mortier du hourdis rachète les inéga-
lités sans inconvénient constructif, mais avec des joints forcément inégaux d’épaisseur, qui peuvent nuire
à l’exécution strictement régulière des parements'; et à ce propos nous ferons remarquer que l’épaisseur
des joints apparents varie singulièrement selon les pays, le mode constructif employé et la décoration
plus ou moins riche des façades. Tantôt les joints sont à peu près égaux dans le plein des murs et sur les
faces de parement, mais ont de 1 à 2 centimètres d’épaisseur, et tantôt, au contraire, les joints verticaux
apparents se réduisent à 3 millimètres à peine, tandis que les joints horizontaux sont d’une épaisseur
double ou triple. De plus, sur les parements visibles, l’épaisseur véritable des joints disparait souvent sous
un rebouchage de mastic coloré dans le ton des briques et s’extravasant par-dessus les bords de ces briques,
en lamelles à capricieuses méandres, — rebouchage que vient dissimuler ensuite un peinturlurage plus
ou moins adhérent, et parer un réseau régulier de joints blancs sans rapport d’epaisseur ni meme de
tracé avec le réseau des joints constructifs. Tel est le système de jointoiement dit à l’anglaise, le plus
généralement employé, mais avec des variantes, en France comme en Angleterre, sur les façades en
briques apparentes, et que l’auteur de cet ouvrage a adopté en donnant une largeur de 7 à 8 millimètres
au plus aux joints décoratifs. Nous reviendrons bientôt sur cette question de jointoiement; mais a quoi
sert, avec ce système, demanderons-nous de suite, de donner aux briques des dimensions proportionnées
en tenant compte de l’épaisseur des joints? Aussi nombre de fabricants ne prennent-ils pas la peine
de rechercher la petite bête, disent-ils, et donnent-ils simplement à leurs briques une largeur théorique
moitié de leur longueur. Mais si cela importe peu, finalement, au point de vue constructif, cela peut, au
contraire, comme nous le disions précédemment, nuire à l’exécution régulière des parements; en
obligeant, par exemple, si les briques employées sont bien régulières, à faire les joints verticaux des
rangs composés de briques tout boutisses, plus minces que ceux des rangs composés de briques tout
panneresses, pour les alterner bien exactement joint sur plein. D’où ressort cette indication : nécessité
absolue de donner aux briques de parement que l’on peut obtenir bien régulières, comme par exemple
les briques hydrauliques dont nous allons parler, des dimensions proportionnées en tenant compte de
l’épaisseur des joints. Si l’on admet un centimètre d’épaisseur de joint, les dimensions de la brique du
moule de Bourgogne seront alors de 0m.22x0'n.105x0m.055. Nous ferons remarquer que l’épaisseur
des joints ne dépend pas uniquement de la forme des briques, mais aussi de la nature plus ou moins
graveleuse du mortier. Un joint de 1 centimètre est suffisant dans la plupart des cas. Mais qu’on ne
confonde pas celte épaisseur réelle des joints avec celle apparente des joints blancs anglais purement
décoratifs; celle-ci ne doit pas dépasser 8 millimètres sous peine de lourdeur d’aspect.
Au delà d’un certain volume la brique ordinaire devient bloc. Quand les proportions de longueur
et de largeur disparaissent, la brique n’est plus ordinaire, au sens exact du mot : elle peut être com-
mune, mais elle devient pour nous particulière, spéciale, comme le sont, par exemple, les grandes
briques de dimensions variables en usage dans le midi de la France. De même sont les briques creuses,
les briques moulurées ou ornées de sculptures, etc.
LES BRIQUES HYDRAULIQUES
L’idée de fabriquer des briques en agglomérant des matières sablonneuses inertes à l’aide d’une
matière reliante, chaux hydraulique ou ciment, n’est pas nouvelle. Elle remonte à plus d’un siècle
et est due à un érudit, M. de La Faye, grand admirateur de la solidité des constructions romaines,
qui croyait avoir reconnu dans les briques crues des anciens et dont parle Vitruve, de véritables
agglomérés à base de chaux. Mais c’est seulement de nos jours que cette fabrication, branche très
secondaire de l’industrie des pierres factices, a pris des développements d’une certaine importance,
conséquence naturelle des progrès accomplis dans la fabrication des chaux et des ciments, et surtout de
la diffusion partout de cette fabrication perfectionnée.
Peu après l’Exposition universelle de 1867, un ingénieur distingué, M. üudry, se faisait élever sur le
quai de Billy, à Paris, avec des agglomérés de Ora.oOxOm.25 X 0m.125 et de 0'n.25 X0m. 125 X0m. 10,
confectionnés à pied-d’œuvre avec un mélange économique mais énergiquement trituré de sable, de
chaux hydraulique et d’un peu de ciment, colorés dans leur masse et moulés sous pression à l’aide d’une
puissante machine à rouleau (système A. Allemand), un vaste hôtel et un groupe important de maisons
voisines, qui permettent aujourd’hui de constater l’excellence de cette sorte de matériaux. A la même
époque, M. Coignet, le grand constructeur spécialiste que tout le monde connaît, offrait à l’industrie du
bâtiment, depuis déjà plusieurs années, des blocs et des briques de béton comprimé et de cinq formats
répondant à tous les besoins, depuis 0m.66x0m.33 X0m.22 jusqu’à Om.22xOm.l l X0m.055, fabriqués
avec un même mélange de matières que les agglomérés de M. Oudry, mais par couches minces succes-
sivement pilonnées. M. Coignet comparait volontiers ses briques de petit format aux meilleures briques
de Bourgogne, dont elles empruntaient le moule; mais, toutes bonnes et belles qu’elles fussent, elles n’en
avaient assurément ni la finesse de grain, ni la vivacité d’arêtes, ni le coloris clair et franc; elles étaient
d’ailleurs pour le moins aussi chères, rendues dans Paris à pied-d’œuvre, de sorte qu’elles n’auraient pas
eu de raison d’être, n’avait été la possibilité de les fabriquer sur les lieux mêmes où l’on doit construire,
avec des sables tirés parfois des fouilles de fondation ou provenant des environs, et d’en réduire le prix
en proportion de l’économie de transports ainsi réalisable. Elles présentaient, du reste, comme tous les
agglomérés et contrairement aux briques de terre cuite, le double avantage d’une régularité parfaite et
d’une coloration possible dans leur masse, au goût des demandeurs, par la coloration préalable de la
pâte servant à les former, permettant de créer des façades polychromes variées dans tous les tons, mais
d’une polychromie terne et peut-être un peu triste, quoique douce au regard, gâtée par les efflorescences
— 8 —
de la chaux à la surface des briques. Si nous en croyons un habile fabricant de carreaux mosaïques à base
de chaux et de ciment, Madame veuve Bourgeois, secondée par son gendre, M. Larmanjat, ingénieur,
qui vient d’organiser à Juvisy, près de Paris, une importante fabrication de briques de ce genre, il serait
possible d’éviter ces efflorescences et d'obtenir des produits d’une coloration comparable à celle des
briques de terre cuite, tout en conservant le profit de la variété infinie des couleurs.
Nous ne pouvons ici, dans le cadre restreint d’une étude rapide, ni faire ni même résumer succincte-
ment l’historique de la fabrication des briques soit hydrauliques, soit de terre cuite, et notre rôle doit
nécessairement se borner à seulement indiquer quelques-uns des points intéressants de cette fabrication,
sur lesquels il peut être utile d’appeler l’attention des constructeurs qui consulteront cet ouvrage (1).
La nature et la grosseur de grain des sables, la force agglutinative des chaux et des ciments, la teneur
en ciment des mélanges, le mode de trituration et de moulage de ces mélanges, l’intensité de la compres-
sion dans les moules et le temps de solidification nécessaire, qui s’écoule entre le moment du moulage
et celui de l’emploi, sont les points sur lesquels repose, mais inégalement selon les circonstances, la bonne
ou la mauvaise fabrication des agglomérés. On peut dire, en principe, que meilleur est le sable et
meilleur le ciment, meilleure sera la brique : par exemple, sable de rivière d’une grosseur de grains
moyenne (de 1 à 4 millimètres de diamètre, inclusivement), et ciment artificiel à prise lente (plus
énergique que le portland naturel), mélangés par moitié, fourniront, dit Vicat, un maximum de résistance
qu’on ne peut guère dépasser. Mais une condition première s’impose : l’économie du prix de revient;
d’où la nécessité de suppléer à la qualité trop coûteuse des mélanges par la perfection du mode de fabri-
cation. D’après M. Coignel, l’énergie de la trituration et le pilonnage par couches minces vingtuplent
l’intensité de prise des chaux et des ciments, si bien qu’avec 4 ou 5 parties de sable quartzeux lavé, une
partie de chaux hydraulique ordinaire et 0.50 à 0.75 partie de ciment de bonne qualité, il est possible
d’obtenir des agglomérés offrant une résistance à l’écrasement de 200 kilogrammes au moins par centi-
mètre carré. Nous ferons remarquer que pour des briques de petit format le pilonnage par couches minces
n’est pas indispensable, et que la compression en bloc paraît même préférable, au moins pour sa simpli-
cité, mais à la condition expresse de laisser à l’air enfermé dans la pâte soumise à cette compression, la
possibilité de s’échapper. Dans tous les cas, aux sables gros ou moyens conviennent les ciments, tandis
qu’avec les sables fins les chaux hydrauliques sont préférables; mais les sables trop fins ou friables ne
valent jamais rien, car ils ne participent en rien à la résistance qu’on peut obtenir avec eux, et ils
obligent à forcer le dosage en chaux ou en ciment pour former des mortiers acceptables. Les sables
siliceux sont préférables aux sables granitiques et ceux-ci aux sables calcaires. Certains sables artificiels,
parmi lesquels surtout ceux de laitier des hauts-fourneaux et ceux dits de grappiers, fournis par le rejet
de la fabrication des chaux et des ciments, d’autres encore, valent les meilleurs sables naturels. Quels
qu’ils soient, il convient de les mélanger à sec avec les chaux ou les ciments (le conlraire se fait, cependant,
avec le ciment sélénitique des Anglais), et d’amener les mélanges à l’état de poudre seulement humide,
par un arrosage attentif et une trituration énergique. Le remplissage des vides du sable est une condition
de plus grande résistance économique comme d’étanchéité et d’imperméabilité. Le ciment pur fournit la
plus grande résistance effective. Quant à la force de compression nécessaire pour obtenir les meilleurs
résultats, plus grande elle est, mieux vaut. Selon M. Allemand, elle doit être de 80 à 100 kilogrammes
par centimètre carré, mais l’expérience prouve qu’on peut encore fabriquer de bonnes briques avec des
presses mues à bras d’homme et ne fournissant guère qu’une compression moitié moindre. Toutefois,
les briques peu comprimées exigent un temps plus long de solidification chimique, avant leur mise en
œuvre, que celles comprimées fortement, et leur capacité de résistance n’est finalement jamais aussi
grande. Madame veuve Bourgeois pousse cette compression, qu’elle opère à l’aide d’une presse hydrau-
lique, jusqu’à 200 kilogrammes par centimètre carré, mais seulement pour achever d’un coup, brusque-
ment, le travail commencé avec une force dix fois moindre.
(1) On trouvera dans le prochain volume (année 1880) de la Revue générale de l'Architecture et des Travaux publics,
une étude détaillée sur la fabrication des briques, principalement de celles hydrauliques.
— 9 —
La fabrication des briques hydrauliques est aujourd’hui pratiquée sur une échelle déjà importante, et
qui ne fera certainement que grandir, en France ainsi qu’à l’étranger. Parmi les fabricants français dont
on remarquait les produits à l’Exposition universelle de 1878, nous citerons en première ligne MM. Pavin
de Lafarge du Teil, canton de Viviers (Ardèche), propriétaires d’usines considérables situées sur le bord
du Rhône et où se fabriquent une chaux éminemment hydraulique, célèbre par son excellente résistance
à la mer, et un ciment portland, dit de grappiers parce qu’il est fait avec les résidus de ce nom pro-
venant du blutage de la chaux. Les briques exposées par ces fabricants étaient fort belles, fines de grain
(celles en sable de rivière un peu moins que les autres), à arêtes vives, d’un ton naturel blanc grisâtre
très doux ou colorées de tons divers dans leur pâte, composées de 300 kilogrammes de ciment par mètre
cube de sable de mer, de rivière ou de grappiers définitivement rejetés par la fabrication du ciment, et
moulées avec une presse à bras facilement transportable, que les fabricants se chargent de procurer à prix
coûtant aux demandeurs. Ces briques étaient cotées 25 francs le mille de prix de revient brut à l’usine,
pleines ou évidées d’un trou au centre et sans distinction relative à la nature des sables, mais avec une
plus-value de dix francs pour celles colorées. 11 entre 450 kilogrammes de ciment et lmc.500 de sable
dans la composition d’un mille de briques de Om.22xOm.U x0m.06, et la fabrication de cette même
quantité de briques, à l’aide de la presse à bras, exige 22 heures d’un manœuvre, compris le temps passé
à l’emmétrage et au transport du sable du dépôt au chantier, mais non celui dépensé à l’arrosage. Avec
du sable à 5 francs le mètre cube et du ciment à 50 francs les 1,000 kilogrammes, le prix de revient
brut du mille de briques colorées s’élève à 50 francs environ. On peut, par mesure d’économie, rem-
placer les 450 kilogrammes de ciment par un mélange de 150 kilogrammes de chaux et 300 kilogrammes
de ciment, ou même par 300 kilogrammes de chaux et 150 kilogrammes de ciment, mais il faut alors
laisser s’écouler plusieurs mois entre la fabrication et l’emploi, et d’autant plus longtemps que le dosage
en chaux est plus considérable. L’augmentation de la chaux dans le dosage accentue la blancheur des
briques.
Après MM. Pavin de Lafarge du Teil, nous ne pouvons, ici, que citer hâtivement quelques noms de
fabricants de briques hydrauliques : L’usine à chaux de Paviers (Indre-et-Loire); M. P. Cappon, fabricant
de chaux hydraulique naturelle, à Marans (Charente-Inférieure); MM. Thorrand et Cie, fabricants de
ciment, à Voreppe, près Grenoble (Isère); M. Prosper Belmont (usine d’Angély), à Cahors (Lot);
MM. Périn frères, à Charleville (Ardennes); M. Dumesnil, constructeur, à Paris; MM. Carré, constructeurs,
à Paris; Madame veuve Bourgeois, à Juvisy, et MM. Desforges et Cie, maîtres de forges à Saint-Dizier-
Marnaval (Haute-Marne). Nous devons ajouter quelques mots à ces deux derniers noms.
Les briques de Madame veuve Bourgeois sont à base de chaux et de ciment, avec mélange de sable de
rivière et de sable de plaine, fort belles, à arêtes vives, de couleur naturelle grisâtre et valant 55 francs
le mille, à Paris, ou revêtues sur leurs faces visibles d’une couche de ciment pur teinté, de couleur unie
ou ornée de dessins quelconques, et coûtant depuis 80 francs le mille.
Les briques de MM. Desforges et Cie sont en sable de laitier des hauts-fourneaux, mélangé avec de la
chaux hydaulique de Vitry-le-Français, dans la proportion de trois parties de sable contre une partie de
chaux, et moulées sous forte pression à l’aide d’une puissante machine disposée pour la fabrication des
agglomérés de houille. Elles sont un peu rugueuses, mais à arêtes vives. Leur couleur naturelle est le gris
clair. Elles valent 35 francs le mille à Saint-Dizier et se vendent à Paris, rendues à pied-d’œuvre, au
même prix que les briques de terre cuite de Vaugirard, première qualité.
LES BRIQUES DE TERRE CUITE
La France possède plus de 2,000 fabricants de briques, tuiles et poteries diverses pour le bâtiment.
On n’en trouve que quelques-uns en Bretagne, sur le Plateau Central, dans les Alpes et dans les Pyrénées,
mais leur nombre s’accroît rapidement et pour ainsi dire progressivement en quittant les pays de mon-
tagnes pour gagner les plaines. Dans certaines parties des bassins hydrographiques de la Charente, de
10 —
la Haute-Garonne, de l’Hérault, du Gard, du Rhône et de l’Isère, la fabrication des terres cuites est
d’une importance déjà considérable, mais c’est principalement dans le bassin géologique de Paris,
surtout à sa ceinture et en s’avançant à travers la Bourgogne jusque vers Mâcon, qu’elle arrive à son
maximum. Plus de la moitié des briques employées en France est fabriquée dans les seuls départements
dont les noms suivent : Meuse, Oise, Sarthe, Cher, Eure-et-Loir, Côte-d’Or et Drôme; puis Aube,
Marne et Saône-et-Loire; ensuite Nord et Pas-de-Calais; enfin Yonne et Seine-et-Marne. Ces deux
derniers départements, situés à l’affleurement de l’argile plastique proprement dite, qui recouvre la
craie, renferment, dans un espace restreint ne dépassant guère Pont-sur-Yonne en s’éloignant de Paris,
les meilleurs dépôts de cette argile, qui ont fait la réputation méritée des briques dites de Bourgogne.
Chose intéressante, dans la plupart de ces départements, non loin de l’argile se trouvent les calcaires :
double ressource pour l’architecte, que le goût public, d’accord avec la logique des moyens, le pousse à
mettre en œuvre au môme titre et conséquemment ensemble avec quelque recherche sur les façades
ornées des édifices.
La répartition des fabricants de terres cuites, considérée au point de vue géologique, se présente,
en résumé, de la manière suivante : sur 400 fabricants établis en France, on en trouve 2 sur les affleu-
rements primitifs ou de transition, 17 sur le trias, 12 sur le jurassique, 30 sur le crétacé et 39 sur le
tertiaire. Ces chiffres sont d’accord avec l’importance agricole et industrielle des contrées auxquelles ils
se rapportent, avec le développement normal de la civilisation, mais ils ne le sont pas, ou du moins ils
ne le sont qu’en mode inverse avec la qualité réfractaire des argiles fournies par les divers étages géolo-
giques, qualité qui dépend principalement, on le sait, de leur pureté. Mais ce n’est pas avec les argiles
réfractaires proprement dites que se font, tant s’en faut, les meilleures briques destinées aux constructions,
et l’on pourrait citer, au contraire, plus d’une marne ocreuse des temps tertiaires, fournissant des briques
préférables à tous égards à celles que l'on peut obtenir avec les argiles du Lias ou du Trias. Les argiles du
Crétacé et du Tertiaire sont d’ailleurs les seules qui se présentent en France assez nombreuses et avec
des gisements assez puissants pour qu’il soit possible d’en faire une exploitation suivie. Ajoutons qu’au
surplus la bonne fabrication des briques entre pour beaucoup dans leur bonne qualité.
De la fabrication perfectionnée des briques, — question complexe qui, pour être traitée même som-
mairement, exigerait de longs développements touchant l’emploi des machines pour la trituration des
terres et le moulage des briques, touchant surtout la cuisson de ces briques, non plus à la volée ou dans
des fours intermittents, mais dans des fours à feu continu, du système Hoffmann ou perfectionnés,
disposés en tunnel ou par chambres distinctes et chauffés soit directement à la houille, soit par le gaz
oxyde de carbone fourni par la combustion préalable de la houille dans des foyers spéciaux appelés gazo-
gènes, — de cette fabrication perfectionnée nous ne dirons rien, si ce n’est qu’elle est nécessairement
soumise à des conditions économiques assurément gênantes, et qu’elle est aujourd’hui pratiquée, en
France, par des hommes expérimentés et des ingénieurs de mérite, parmi lesquels la céramique peut
s’honorer de compter M. Emile Muller, le savant et dévoué professeur du cours de constructions civiles à
l’École centrale des Arts et Manufactures. A côté de M. E. Muller nous devons citer de suite, également,
la Société V Union céramique et chaufournière de France, dont M. E. Muller fait partie, et qui, sous
l’habile direction de son honorable président, M. Gastellier, étudie soigneusement toutes les questions
techniques qui peuvent intéresser ses membres, et remplit de notices instructives ion bulletin mensuel.
Les visiteurs de l’Exposition universelle de 1878 se rappellent certainement l’élégant et brillant pavillon
élevé dans le parc du Trocadéro par l’Union céramique, avec des matériaux exclusivement fabriqués
par ses membres, pour leur servir de lieu d’exposition particulière. De cette exposition passagère est
sortie une exposition permanente, provisoirement installée au siège de la Société, rue de laChaussée-
d’Anlin n°49, exposition encore relativement petite mais qui, nous l’espérons, deviendra grande, et que
les architectes désireux d’employer de bons matériaux de terre cuite peuvent déjà consulter avec fruit.
Nous voici amené par notre incidence même à une question que nous ne pouvons passer sous
silence, et à laquelle, malheureusement, nous ne pourrons répondre faute de renseignements suffisants et
— 1.1 —
précis (1) : Dans quels pays et chez quels fabricants peut-on se procurer, en France, des briques de
parement, les seules dont nous ayons à nous occuper ici? nous disons des briques denses, dures, sonores,
à grain fin, à arêtes vives, de forme régulière, résistant bien à l’écrasement, résistant parfaitement à la
gelée, assez peu absorbantes pour qu'il soit possible de former avec elles des murs de 0m.22 d’épaisseur
absolument imperméables sous des pluies battantes continues, et présentant, enfin, des couleurs franches
naturelles, le rouge ou le brun, le jaune, le gris clair ou le blanc, et le noir.
Les briques de Bourgogne, si considérablement employées à Paris et si justement estimées, ne sont
pas les seules également belles et bonnes que possède la France. De meilleures, nous n’en connaissons
pas, mais d’aussi belles et d’un rouge plus vif nous en pourrions citer plus d’une. Quant à celles de cou-
leur jaunâtre ou blanche, il faut distinguer.
On sait que c’est le fer, sous la forme de peroxyde anhydre ou hydraté, ou de sulfure disséminé en
poudre impalpable dans la pâte céramique, qui colore les briques à la cuisson : en rose tendre, en rouge
vif, en rouge pourpre, suivant l’intensité du feu, et même en brun noirâtre correspondant à une vitrifi-
cation commençante. Quand l’argile ne contient de l’oxyde de fer qu’en faible quantité, mais renferme
du carbonate de chaux, les briques restent d’un blanc sale pendant toute la cuisson; elles sont encore
susceptibles de se vitrifier, la chaux, comme l’oxyde de fer, étant attaquée par la silice à une haute
température. Disons de suite qu’en Normandie, par exemple, on emploie beaucoup de briques grésées
dans les façades, c’est-à-dire des briques ayant subi un commencement de vitrification, qui sont
rugueuses, d’une couleur brun foncé inégale, faites avec des marnes ferrugineuses. De même en Angle-
terre * mais les briques de parement anglaises, toujours fabriquées avec un soin extrême et cuites sans
déformation quoique jusqu’à vitrification, sont bien supérieures aux briques normandes et à d’autres :
telles les briques bleues du Staffordshire, pour ne citer qu’elles, à la fois si bonnes et si belles, qui ont
pour base des marnes très ferrugineuses et sont cuites à une température très élevée.
Si l’argile ne contient ni oxyde de fer ni chaux, elle fournit des briques à peu près infusibles, dites
réfractaires. Mélangée de matières charbonneuses, elle peut encore fournir des briques réfractaires,
mais qui restent noires au feu. Les briques réfractaires proprement dites, destinées à la construction des
fovers, sont généralement peu cuites, poreuses, et ne résisteraient pas aux injures de l’atmosphère. Les
blanches de Bourgogne, employées en façade des bâtiments, sont faites avec la même argile que les briques
réfractaires, mais cette argile, dite terre à Cazettes, parce que c’est avec elle qu’on forme les étuis réfrac-
taires de ce nom servant à la cuisson des faïences de Montereau, au lieu d’être mélangée de ciment,
c’est-à-dire de sablon fait de briques réfractaires broyées, est dégraissée avec du sable fin et blanc de Fon-
tainebleau, et lacuisson des briques s’opère à très haute température. La terre à cazettes de Montereau con-
tient un peu de fer, aussi les briques les plus cuites sont-elles légèrement teintées de rose ou de jaunâtre, tandis
que les moins cuites restent parfaitement blanches. On ne saurait recommander celles-ci aux constructeurs,
mais les précédentes peuvent être employées avec sécurité. Un inconvénient des briques blanches est de
se salir souvent de verdâtre à l’air humide, dans les premiers temps de leur mise en œuvre. Leur net-
toyage est difficile à exécuter et ne donne pas toujours satisfaction complète, aussi le badigeonnage
acide et coloré d’ocre jaune, appliqué d’ordinaire par les jointoyeurs, devient— il alors nécessaire.
Avouons qu’en ce cas il a sa raison d’être.
Avec certaines terres d’alluvion, le lœss des vallées du Rhin ou de la Saône, etc., on obtient de
bonnes briques franchement jaune-serin. A Saint-Romain-des-Iles, par exemple, sur la Saône, on
exploite une terre légère cuisant blanc-jaunâtre et une terre forte cuisant jaune-grisâtre, superposées
(1) Nous nous sommes adressé à M. le président de l’Union céramique, avec l'espérance de pouvoir compléter près de
luiun tableau que nous avions commencé avec nos notes personnelles, et que nous destinions aux lecteurs de cet ouvrage,
contenant, pour toute la France, la liste des fabricants de bonnes briques de parement, accompagnée d’explications
relatives à ces briques. M. Gastellier n’ayant pu répondre à nos questions, nous passons outre, ne voulant pas dresser
une liste trop incomplète, qui pourrait ressembler à une réclame.
— 12
l’une à l’autre dans leur gisement, et qui, mélangées ensemble, ne donnent que des produits rosés si la
cuisson est imparfaite, mais d’un beau jaune-clair quand la cuisson est forte. Chose intéressante : on
arrose souvent d’eau froide les terres cuites sortant du four, encore chaudes, ce qui a pour effet d’éteindre
les parcelles de chaux vive répandues dans la masse en nombre infini, et de cimenter avec elles, en
quelque sorte, les parties attenantes. Les mauvais produits tombent alors en poussière.
Citons aussi les briques de Passy, avec lesquelles sont décorées de briquetages jaunes tant de
maisons de plaisance environnant le bois de Boulogne, et qui, faites de sable argileux, cuites à une
haute température, seraient excellentes à tous égards si elles n’étaient poreuses à l’extrême.
Les briques noires s’obtiennent facilement avec des argiles mélangées naturellement ou artificiel-
lement de matières charbonneuses, dans une forte proportion ; mais leur cuisson ne doit s’opérer qu’à
une température peu élevée et comme en vase clos, si elles sont ferrugineuses, sous peine de les voir se
tacher de rouge. Quant aux boutisses noires ou du moins brunâtres, que présentent ou du moins que
présentaient fréquemment, naguère, les briques rouges de Bourgogne, leur couleur était due surtout au
mode d’enfournement pratiqué dans les fours cuisant au bois, qui plaçait ces boutisses sous l’action
directe des flammes, et aux sels de potasse que fournissaient abondamment les feux de bois, remplacés
aujourd’hui par les feux de houille; lesquels sels, emportés par les fumées, allaient se déposer sur les
boutisses brûlantes situées sur leur parcours et les vernisser. Un moyen d’obtenir des briques entiè-
rement noires, dans leur masse comme à leur surface, avec des terres fortement chargées de fer et,
conséquemment, cuisant rouge dans une atmosphère oxydante, consiste, lorsque la cuisson est parfaite
et la température du four encore à son maximum, à jeter sur le feu une quantité suffisante de branches
de bois vert, de manière à produire une abondante fumée, puisa boucher hâtivement et hermétiquement
toutes les ouvertures du four, pour laisser la cuisson se poursuivre en vase clos. L’atmosphère du four,
imprégnée de particules charbonneuses et sans renouvellement d’air, devient alors activement réductive,
et le feu continue tant qu’il reste en présence du charbon en excès dans cette atmosphère et de l’oxygène
comburant dans la pâte des briques. 11 se forme en même temps du carbure de fer. Puis, peu à peu,
le feu s’éteint, et les briques, dont la coloration définitive ne se détermine, dans les fours, qu’au moment
où commence leur refroidissement, se présentent au défournement avec une couleur régulièrement
noire, qui est celle à la fois du fer oxydé au minimum et du carbure de fer. Mais cette opération exige
des fours exceptionnellement solides, et n’est pas pratiquée en France, que nous sachions. Nous en
pourrions citer, au contraire, plusieurs applications en Belgique et en Angleterre. C'est, de même, avec des
procédés spéciaux de cuisson et des mélanges bien étudiés et bien exécutés de terres diverses, que l’on
peut arriver à produire des briques de parement de la couleur qu’on désire, quand on ne possède par
sous la main la pâte céramique toute préparée d’avance par la nature.
Nous ne pouvons parler ici ni du procédé de M. Lemaire, architecte, consistant à revêtir les faces
de parement des briques ordinaires, avant leur cuisson, d’une couche de barbotine imprégnée d’oxydes
métalliques ou de substances minérales diverses, — ni du saupoudrage à cru des briques, avec de petites
lamelles de mica jaune ou blanc ou noir, que la cuisson rend adhérentes tout en donnant aux
parements ainsi préparés un aspect plucheux du plus curieux effet sous les lumières, — ni des briques
émaillées que fabrique M. E. Muller et qui brillaient si splendidement sur les façades du pavillon de
l’Union céramique, au Trocadéro, en 1878, etc...
Un dernier mot : La fosse du marcheux et la table du mouleur ne disparaîtront pas sans doute de
longtemps, celle-ci surtout, de la majorité des briqueteries françaises; mais les petites briqueteries, à
moins qu’elles ne soient soutenues par des circonstances particulières, comme, par exemple, l’excel-
lence des argiles exploitées par elles, disparaîtront certainement tôt ou tard devant les grandes, bien
outillées, bien installées, et qui sauront donner satisfaction aux exigences de la construction moderne.
Ceci tuera cela, c’est la loi du progrès. Mais que messieurs les céramistes y prennent garde : s’ils ne
s’efforçaient pas de fournir couramment aux constructeurs les briques de parement de couleurs diverses
qu’ils leur réclament, s’ils n’élevaient pas leurs produits à la hauteur de ceux anglais ou autrichiens,
— 13 —
anglais surtout, qui faisaient à l’Exposition de 1878 l’admiration des visiteurs, les cimentiers, qui
viennent derrière eux avec des agglomérés de plus en plus parfaits, finiraient inévitablement par leur
enlever l’avantage de fournir les matériaux décoratifs de nos façades en briques apparentes.
III
EMPLOI DES BRIQUES
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
On trouvera dans le chapitre suivant, consacré à la description des planches de dessins, tout une
étude accompagnée de figures explicatives sur les six appareils principaux que l’on peut former en bâtissant
avec de la brique ordinaire, et sur son emploi rationnel dans la plupart des cas qui peuvent se présenter
dans la pratique des constructions, — lesquels appareils se traduisent chacun, décorativement, par une
disposition typique particulière. Il nous faut appuyer sur ce point et faire ressortir ici les caractères dis-
tinctifs de ces appareils, en les comparant l’un à l’autre. One nos lecteurs veuillent bien se reporter
d’abord aux planches représentant l’emploi de ces appareils et aux dessins du texte qui les accompagne,
savoir : pl. 2, pour l’appareil n° 1 ; pl. 5 et 6, pour l’appareil n°2; pl. 8 à 11, pour l’appareil n° 3 ;
pl. 1 3 et 14, pour l’appareil n° 4 ; pl. 16 et 17, pour l'appareil n° 5; et pl. 21, pour l’appareil n° 6.
Les appareils nu 1 et n° 2 sont simplement des damiers, dont l’élément constituant est ou une face
panneresse de brique (n° 1), ou une face boutisse (n° 2). Les joints montants, c’est-à-dire verticaux de
chaque rang de briques, sont placés sur le milieu des briques du rang sous-jacent; ils forment, avec les
joints horizontaux qui les relient entre eux successivement, une suite indéfinie de diagonales disposées à la
manière d’un escalier régulier continu, sans paliers de repos. L’inclinaison de ces diagonales est de 45°
sur l’horizontale, dans l’appareil n° 2, mais réduite à 1 de pente pour 2 de portée dans l’appareil n° 1
étant admis que les dimensions de la brique employée sont proportionnées entre elles comme dans le
moule type de Bourgogne. Des losanges de toutes les dimensions qu’on désire, à partir de quatre briques
groupées autour d’un joint montant quelconque, considéré isolément, peuvent être formés par l’entre-
croisement des diagonales; mais les losanges de l’appareil n° 2 sont carrés, tandis que ceux de l’appareil
n" 1 sont écrasés.
Les appareils n“ 3 et n° 4 se composent tous deux d’assises tout boutisses et tout panneresses alter-
nées. Ils ne diffèrent l’un de l’autre que par la disposition des assises de panneresses, qui, dans l’appareil
n° 3, se correspondent successivement plein sur plein, joint sur joint, tandis que dans l’appareil n° 4 les
rangs de panneresses se chevauchent, joint sur plein ; comme si, dans l’appareil n° 1 , pour former
1 appareil n° 3, on avait remplacé de deux en deux rangs les panneresses par des boutisses, et,
pour 1 appareil n° 4, intercalé des rangs de boutisses entre les rangs de panneresses. D’où deux
types décoratifs bien distincts : l’un (n° 3), caractérisé principalement par une suite régulière de
chaînes verticales pareilles, juxtaposées par leurs panneresses jetant harpes, et reliées entre elles par des
boutisses de remplissage liaisonnant ces harpes ; l’autre (n" 4), non disposé par chaînes, mais présentant
une imbrication mosaïque dont l’élément constitutif est une croix grecque formée par la superposition de
trois briques, une panneresse entre deux boutisses, et présentant, de plus, comme l’appareil n° 2, des
diagonales de joints en escalier continu, inclinées à 45°, qui permettent également de faire des losanges
carrés d.: toutes les dimensions qu’on veut, mais à partir de trois briques constituant ensemble l’élément
mosaïque en forme de croix grecque dont nous venons de parler. On remarquera que ces diagonales ne
s entrecroisent régulièrement que sur les joints montants des rangs de panneresses, et que les losanges
3
— 14 —
croissent successivement d’étendue en s’augmentant d’un nombre déterminé de croix élémentaires.
Ainsi, après le losange formé par une seule croix, vient celui possédant deux croix sur chacun de ses
côtés, et qui, dès lors, en contient quatre en totalité; puis celui de trois croix par côté, soit neuf en
surface; de quatre par côté, puis cinq, puis six, etc..., avec une contenance totale correspondante de
seize, de vingt-cinq, de trente-six, etc... Dans l’appareil n° 3, les mêmes diagonales inclinées à 45°
ne présentent en continuité que trois joints montants, qui ne permettent de former que des losanges
isolés, chacun de cinq rangs de briques en hauteur et de trois boutisses en largeur. Ces losanges sont dissé-
minés sur le champ des murs comme des mailles à la surface d’un filet, et le réseau de diagonales en
lignes droites continues, qui les enserre, est régulièrement composé de boutisses, excepté au-dessus et
au-dessous des points d’entre-croisement de ces diagonales, où se trouvent deux panneresses qui les
relient entre elles, formant en quelque sorte le nœud d’assemblage des mailles. Nous retrouverons celte
même disposition de losanges carrés dans l’appareil n° 6, mais avec des losanges plus grands que ceux
formés par l’appareil n° 3.
L’appareil n” 5 se compose de boutisses et de panneresses alternées une à une à la fois dans chaque
assise et d’assise en assise successivement, comme si, dans l’appareil n° 1 , on avait intercalé une boutisse
entre toutes les panneresses juxtaposées de toutes les assises, en prenant soin de placer exactement chaque
boutisse sur le plein des panneresses sous-jacentes. D’où des dispositions distinctes caractéristiques, savoir :
d’abord, comme dans l’appareil n° 3, une suite de chaînes en besace de plein mur, mais ici décrochées
d’un rang l’un sur l’autre et emboîtées entre elles, et puis, comme dans les appareils n° 1, n° 2 et n 4,
des losanges de toutes les dimensions qu’on veut, mais tracés par la seule imbrication continue des panne-
resses, suivant une inclinaison nouvelle, non plus de 45° comme dans les appareils n° 2 et n° 4, non plus de
1 de pente sur 2 de portée comme dans l’appareil n° \ , mais de 1 de pente pour 3 de portée, losanges
dès lors plus écrasés que ceux de l’appareil n" 1 . Les croix grecques de l’appareil n 4 reparaissent ici, na-
turellement, comme dans tous les appareils composés d’un mélange de boutisses eide panneresses, mais
avec un caractère particulier : non plus enchevêtrées entre elles intimement, mais isolées et formant en-
semble, sur une inclinaison de 45», un semis en quinconce dont les points de jonction sont en tout pa-
reils aux nœuds de liaison du treillis de losanges des appareils n° 3 et n° 6. On remarquera qu avec les
appareils n° 3, n° 4 et n° 6, il est possible de former des semis de croix en quinconce sous une inclinaison
de 45°, mais moins serrés que celui du n° 5 sur lequel nous appelons l’attention, ainsi que sous des inclinai-
sons plus basses et en quadrillé, etc . . .
Dans l’appareil n°6, composé, comme l’appareil n° 5, de boutisses intercalées entre les panneresses
qui forment toutes les assises de l’appareil n° 1, mais ici au nombre de trois au lieu d une seulement,
chaque boutisse médiane étant d’ailleurs placée, comme précédemment les boutisses isolées, sur le plein
des panneresses sous-jacentes, la disposition des chaînes de l’appareil n° 5 reparaît; mais ces chaînes
successives, au lieu de s’emboîter entre elles, sont à la fois séparées l une de 1 autre et reliées ensemble
par l’intermédiaire des boutisses qui accompagnent, dans chaque assise, les boutisses médianes faisant
partie des chaînes, Le nombre des boutisses l’emportant sur celui des panneresses, les diagonales en
escalier inclinées à 45° reprennent de l’importance ; elles présentent en continuité des séries de quatre
joints montants, interrompues entre elles par une panneresses interposée, tandis que dans 1 appareil n" 3
la même disposition ne comporte qu’une continuité de 3 joints; aussi forment-elles ici, par leur entre-
croisement, un semis régulier de losanges carrés, comme dans l’appareil n° 3, mais de losanges comptant
7 rangs de briques en hauteur, au lieu de 5, et marqués au centre par une croix de trois briques pareille
aux précédentes, lesquelles croix forment ainsi, ensemble, un semis en quinconce comme dans l’appareil
n° 5, mais beaucoup moins serré.
En résumé : —appareil n° 1 : diagonales de joints en escalier formant des losanges écrasés de dimen-
sions indéfinies ; - appareil n" 2 : diagonales également continues, mais inclinées à 4S° et formant, de
la sorte, des losanges carrés de dimensions indéterminées (lequel appareil permet, de plus, d'imiter toutes
les combinaisons quelconques des autres appareils) ; — appareil n» 3 : chaînes en besace juxtaposées, et
semis régulier, en quinconce, sous une inclinaison de 45°, de petits losanges limités d’étendue; — appa-
reil n° 4 : mosaïque régulière de croix grecques entrelacées, et diagonales continues formant des losanges
carrés de toutes dimensions, sous une inclinaison de 45°; — appareil n° 5 : chaînes verticales successive-
ment décrochées et emboîtées deux à deux, puis diagonales continues permettant de former, mais suivant une
inclinaison plus basse que dans l’appareil n° 1 , des losanges écrasés de dimensions indéfinies, et semis serré
de croix grecques en quinconce sur 45° d’inclinaison ; — appareil n° 6 : chaînes successivement décro-
chées comme précédemment, mais non emboîtées, et losanges disposés en quinconce comme dans
l’appareil n° 3, sur une inclinaison de 43°, mais ces losanges plus grands que ceux fournis par l’ap-
pareil n° 3, et marqués chacun au centre par une croix grecque pareille à celle des appareils précédents;
— tels sont les principaux caractères décoratifs qui distinguent les six appareils adoptés par l’auteur de
cet ouvrage. 11 va sans dire qu’il est possible, en s’abandonnant à la fantaisie des goûts divers, au lieu de
ponctuer seulement avec du rouge, du jaune et du noir, les dispositions typiques que nous venons de
décrire, de les agrémenter et même de les effacer sous des variations polychromes innombrables; mais
nous ne saurions trop engager nos lecteurs à se restreindre en combinaisons de ce genre, pour ne pas ris-
quer de tomber dans le fatras.
Quelques observations touchant l’emploi général des briques, au point de vue décoratif, sont ici né-
cessaires. Il y a plusieurs manières d'envisager la décoration des constructions en briqnes : 1° ou la bri-
que est associée à la pierre, au bois ou au fer, et ne constitue que des parties de remplissage; 2° ou elle
forme elle-même les lignes architecturales de l’édifice, tandis que les parties de remplissage ne sont que
des limousineries plus ou moins grossières, recouvertes d’enduits plus ou moins rustiques et teintés ou
non ; 3° ou la brique est employée seule, formant à la fois l'ossature architecturale et les remplissages.
Dans le premier cas, si les parties portantes, les angles, les encadrements de baies, la corniche, les
bandeaux, etc..., sont en pierre, ornés de bossages, de pilastres, de moulures, de sculptures, de faïences,
toutes choses qu’il faut mettre en relief, faire valoir, la brique, dans les remplissages, peut ne plus
servir qu’à former un fond favorable à ces choses, fond simple, tranquille, ce qui ne veut pas dire
négligé, sans valeur propre. Qu’on ne demande alors à ces remplissages qu’un ton uniforme, c’est bien;
que même on les construise de onze centimètres seulement d’épaisseur, comme cela se fait souvent,
dans un vide réservé sur la face des murs dont ils viennent former le parement en applique, soit; mais,
au moins, que l’appareil de ces briquetages ne soit pas uniquement formé de panneresses, qu’il paraisse
répondre à l’épaisseur réelle des murs, ou, si l’on veut expressément donner à ces remplissages une
apparence d’applique, qu’on la demande à des terres cuites spéciales ou à des mosaïques franchement
superficielles. On peut judicieusement, surtout quand les parties de remplissage sont de quelque
étendue, décorer ces parties plus ou moins richement de briquetages polychromes unis ou en relief,
mais c'est là raison de plus pour surveiller de près l’appareil employé. Quand les parties de remplis-
sage en briques relient des pièces de charpente en bois ou en fer, l’emploi de l’appareil tout panneresses
devient, au contraire, pour ainsi dire obligatoire, avec une certaine recherche décorative sous peine de
pauvreté d’aspect ou de sécheresse. On verra, par les exemples que nous signalerons, quelle heureuse
variété d’effets le jeu des couleurs permet de produire avec cet appareil cependant si simple.
Dans le second cas, où la brique n’est employée que pour la construction des lignes architectu-
rales, et où les remplissages sont rustiques, mode de bâtir économique, qui suppose pour les édifices
ainsi traités une destination d’ordre secondaire, de la simplicité dans les lignes architecturales et même
une certaine rudesse sont de règle. La liaison solide des angles de murs et des encadrements de
baies, avec les parties de remplissage, qui s’impose ici constructivement sous la forme de chaînes
jetant harpes, peut devenir le motif principal de la décoration. Mais on peut également, au lieu
d'accuser ces harpes en les renforçant de bossages, ou en les construisant avec des briques de couleurs
différentes, les dissimuler complètement sous les enduits des remplissages. La rigidité des lignes
architecturales est encore, alors, une condition première, car il s’agit toujours pour elles de constituer
une solide ossature apparente; mais l’encadrement des panneaux de remplissage peut devenir le thème d’une
— 1(3 —
décoration spéciale, où le jeu des saillies et des couleurs aurait sa raison d’être. Toutefois, qu’on y songe :
tant vaut le tableau, tant doit valoir le cadre; à des enduits économiques il faut un cadre simple; c’est
principalement dans les proportions de ce cadre avec l’étendue des panneaux et en tenant compte de leur
coloris, qu’il faut ordinairement chercher à produire un effet agréable.
Dans le troisième cas, où la brique est le seul élément constitutif mis en œuvre sur les façades, le
champ décoratif est vaste sinon entièrement libre. C’est ce champ, surtout, que nous allons explorer en
décrivant les planches de cet ouvrage. Sur ce sujet, nous ne dirons donc rien ici, mais il nous parait
nécessaire, pour éviter à nos lecteurs toute confusion possible, de leur indiquer à l’avance l'ordre adopté
par l’auteur pour le classement de ces planches. Des constructions diverses soigneusement choisies par lui
pour leur valeur propre ainsi que pour servir d’exemples d’application aux diverses catégories d’exemples
décoratifs de détail que contient l'ouvrage, et pour la plupart présentées sous la forme de monographies
complètes sur une seule planche, sont intercalées entre ces catégories diverses, dont l’objet successif,
comme nous l’avons dit dans notre Introduction, est la composition de briquetages avec chacun des six
appareils constructifs maintenant bien connus, d’abord pour des surfaces unies illimitées, puis pour
des surfaces limitées, ensuite pour des saillies simples et enfin pour des saillies combinées.
Un dernier mot : Il est certain qu’avec l’un ou l’autre des six appareils précédemment décrits, et
dont nous reparlerons dans la description des planches, on peut élever de solides constructions; toutefois,
dans quelques-uns leliaisonnemment des briques est moins parfait que dans les autres. L’espace forcément
restreint dans lequel nous sommes enfermé par le titre même de cet ouvrage, nous interdit l’étude
méthodique et détaillée de l’emploi général des briques au point de vue constructif. Cependant, comme
nous l’avons déjà dit, nos lecteurs trouveront dans la description des planches de quoi les satisfaire com-
plètement, sur la plupart des cas qui peuvent se présenter dans la pratique courante des constructions.
Il ne nous reste plus à parler maintenant que de la parure finale des façades en briques.
JOINTOIEMENTS
Quand l’édifice est élevé et qu’on est sur le point de retirer les derniers échafaudages, viennent les
jointoyeurs, qui sont aux briqueteurs ce que les fileurs sont aux peintres, des spécialistes, gens généra-
lement fort habiles, mais souvent aussi routiniers. 11 n’est pas absolument nécessaire que la façade qui
leur est livrée soit en briques, pour qu’il sorte de leurs mains un parement de briques apparentes par-
faitement jointoyé à l’anglaise, ni, si la construction est en briques, que ces briques soient toutes d’une
couleur bien égale et bien franche, et bien appareillées entre elles, pour que la façade apparaisse fina-
lement aussi parfaite de coloris que de jointoiement. Avec de l’ocre rouge ou jaune, du noir de charbon
(non pas du noir de fumée, qui a moins de corps et se délaye moins également dans l’eau), de l’acide
chlorhydrique, du sulfate de fer, de l’alun, de la chaux et du grès bien blancs, quelquefois du ciment
également blanc, dit anglais, provenant de Conflans-Charenton, enfin de l’eau pure en petite quantité
mais de l'huile de coude en abondance, puis un léger outillage plus ou moins perfectionné, il est possible,
en effet, avec un peu d’habileté par surcroît, de faire merveille. Pas n’est besoin, hâtons-nous de le
dire, ni de bière ni d’œufs frais, que certains jointoyeurs, exploitant la crédulité des châtelains enthou-
siastes, savent se faire donner pour le bien soi-disant de leurs travaux, mais en réalité pour se faire
bons déjeuners et gorges chaudes.
Le jointoiement à l’anglaise comprend quatre opérations successives, savoir : d’abord le nettoyage
des façades à jointoyer, ensuite le rebouchage des joints dans le ton naturel des briques, puis la coloration
des briquetages et, enfin, le jointoiement décoratif.
La première opération consiste à enlever les taches de mortier qui maculent la face des briques, et
à dégrader les joints pour le rebouchage en mastic coloré qui constitue l’opération suivante. Il est difficile,
pour ne pas dire impossible, d’enlever complètement au grattoir et à l’eau pure la trace de ces taches,
mais il n’est pas nécessaire de procéder à un brossage énergique avec la brosse en fils de fer, comme
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quelques architectes l’exigent; la brosse de chiendent suffit, en employant, toutefois, de l’eau additionnée
d’une forte portion d’acide chlorhydrique, pour faire rapidement place nette. Un lavage consécutif, à
grande eau pure, est indispensable. Nous ferons observer que les murs élevés par des briqueteurs de pro-
fession sont toujours plus nets que ceux bâtis par des maçons ordinaires. On ne saurait donc trop recom-
mander, pour la régularité des briquetages ainsi que pour leur propreté, de ne livrer la construction des
façades en briques apparentes qu’à des mains expérimentées.
Le rebouchage des joints en mastic teinté dans le ton des briques, a pour objet, en principe, de
relier ces briques l’une à l’autre en surface lisse continue, pour le développement régulier des joints déco-
ratifs; mais il s en faut de beaucoup qu il se limite exactement au remplissage des joints de briques, par
suite de l’irrégularité de planimétrie des briquetages, due soit à la forme plus ou moins déjetée des
briques, soit à l’inhabileté de leur mise en œuvre. Quoique fait dans le ton des briques, quoique dissi-
mulé ensuite sous une peinture générale, on aperçoit toujours plus ou moins ses bavures inégalement
débordantes sur la face des briques. Il est assurément regrettable que de la belle terre cuite soit ainsi
polluée, sous prétexte de jointoiement, mais le système est commode et fournit toujours, au premier
aspect, des parements agréables, aussi son usage, tout abominé qu’il soit par nombre d’architectes, ne
fait-il et ne fera-t-il certainement que s’accroître. La qualité du mastic influe beaucoup sur la bonne
exécution de ce rebouchage. Quelques-uns emploient de la chaux hydraulique ou même du ciment, mais
la chaux grasse est préférable; elle fournit un mortier plus léger, plus glissant sous la truelle et ne durcis-
sant pas moins avec le temps, qui peut, en outre, s’employer sans risque de retrait trop rapide et de
fendillements sous une température élevée. On choisit une bonne chaux parfaitement pure et blanche,
que 1 on éteint et tamise soigneusement, — la fleur de la chaux, pour ainsi dire, celle même dont on
doit se servir pour confectionner les joints blancs décoratifs; on la mélange avec égale partie de grès
pulvérisé et tamisé, bien fin, bien propre et bien blanc, et l’on ajoute à ce mélange une quantité suffi-
sante d’ocre rouge ou jaune, ou de noir de charbon, pour arriver au ton des briques; puis on brasse le
tout énergiquement, avec le moins d’eau possible, pendant longtemps et à plusieurs reprises. Le mastic
restant des travaux de la veille et de nouveau rebattu, est plus doux à l’emploi que le mastic du jour.
Quand les façades comprennent des briquetages de couleurs différentes, le rebouchage sur les lignes de
contact se fait avec le mastic le plus clair, et ses bavures sur le champ des briquetages plus foncés sont
peintes en réchampissage lors de l’exécution de l’opération suivante.
La troisième opération n’est, qu’on nous passe le mot, qu’un simple peinturlurage, non à l’huile
(cela se fait pourtant en peignant aussi les joints blancs décoratifs), car les joints blancs en mortier
resteraient alors sans adhérence avec le rebouchage teinté de l’opération précédente, mais fait avec une
dissolution variable de couleurs minérales dans de l’eau additionnée d’une certaine quantité de subs-
tance mordante, sulfate de fer ou alun, dans la proportion d’environ 25 grammes par litre d’eau. Si la
couleur doit être rouge, on se sert de sulfate de fer et d’ocre rouge, en y ajoutant du noir de charbon
pour arriver au brun, ou en n’employant que du noir s’il s’agit de cette dernière couleur; pour le jaune
on se sert d’alun et d’ocre jaune dissous dans un lait de chaux. Cette peinture s’applique à la
volée, avec le pinceau ou la brosse molle, sans autre précaution que d’en limiter l’étendue aux brique-
tages de couleurs différentes auxquelles elle se rapporte. C’est alors que se fait le réchampissage en
bordure des joints, dont nous parlions précédemment. Puis on laisse sécher et l’on procède au join-
toiement décoratif. L’intensité de cette peinture varie suivant la nature des briques; plus leur dureté est
grande et plus on l’atténue, jusqu’à la supprimer parfois, mais rarement, quand leur couleur est franche
et que les jointoyeurs sont bien attentionnés; elle ne pourrait tenir sur les parties vitrifiées des briques.
Sa résistance aux pluies est grande et ce n’est le plus souvent qu’à la longue qu’elle finit par s’altérer.
Le jointoiement décoratif proprement dit est l’opération capitale. Le mastic dont on se sert pour
l’exécuter est formé, comme nous l’avons déjà dit, de parties égales de fleur de chaux grasse et de sable
fin quartzeux, tous deux bien blancs et battus ensemble à outrance avec le moins d’eau possible. Quel-
ques jointoyeurs veulent absolument qu’on ajoute à ce mélange, nous ne savons pourquoi , gros comme
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un œuf de spath de Villepreux (près Saint-Cyr) et un blanc d’œuf, pour un décimètre cube environ
de mastic. D’autres adjoignent à la chaux un peu de ciment blanc anglais, fabriqué par la maison
Chartier de Conflans-Charenton ; c’est ce ciment, disent-ils, qui assure l’adhérence des joints. D’autres
encore, enfin, n’emploient que ce ciment, à l’exclusion de la chaux. C’est de lui, en effet, et gâché avec
du blanc d’œuf ou une dissolution de gomme arabique, que se servent les raccommodeurs de
porcelaines, pour en recoller les morceaux; mais il ne fournit que des joints sans résistance aux
injures de l’atmosphère : la pluie les mange, disent les jointoyeurs partisans de la seule chaux
grasse, et cela est vrai. 11 faut tracer les joints avant de procéder à l’application du mastic. Les lignes du
rebouchage teinté sont une indication pour ce tracé, mais que l’on ne suit pas toujours exactement, avec
raison, dirons-nous, quand le briqueteur, par exemple, a commis des erreurs dans la disposition des ap-
pareils, comme cela n’arrive que trop souvent. Aussi voit-on parfois des joints de rebouchage teinté per-
cer en pleine brique décorative, et des joints décoratifs couper en deux une face de brique réelle : faute
qui n'est pas reprochable aux jointoyeurs, assurément, ni seulement aux briqueteurs, mais également au
système de jointoiement adopté, commode jusqu’au mensonge, ce qui le caractérise. L’application du
mastic se fait avec une petite truelle d’acier, étroite et relativement longue. Le joint doit être aussi mince
que possible, d’un millimètre d’épaissenr tout au plus, et large de 7 à 8 millimètres seulement, sous peine
de lourdeur d’aspect. Les Anglais le font souvent moins large et moins épais encore. Quelques join-
toyeurs, s’inspirant mal à propos des habitudes hollandaises, donnent aux joints verticaux une largeur
moindre qu’à ceux horizontaux, mais cette recherche n’a pas ici de raison d’être. Le mastic, sous la
truelle qui le lisse en appuyant dessus le plus possible pour en assurer l’adhérence avec le mur, s’écrase
et s’étend en balèvres inégales au delà de la largeur prévue des joints, lesquelles balèvres il faut couper
ensuite pour garder cette largeur. On applique et découpe les joints horizontaux avant ceux verticaux. Un
jointoyeur que nous ne pouvons nous éviter de citer, M. Gilles, exposant en 1878, se sert, pour l’applica-
du mastic, d’un fer plat ayant juste la largeur des joints au lieu d’une truelle. Sous la pression du 1er, le
mastic forme des balèvres comme précédemment, mais beaucoup moins grandes, et la largeur des joints
se trouve en même temps tracée par les arêtes du fer dans le mastic, d’où une facilité pour le découpage
régulier de ces joints. De plus, au lieu de faire ce découpage avec la pointe tranchante d un couteau simple
ou à deux lames parallèles, suivant la méthode ordinaire, qui oblige souvent à gratter ensuite ces balèvres
pour les enlever du mur, M. Gilles l’exécute avec une tranche également simple ou double, mais armée
d’un repli en équerre à chaque pointe, en forme de crochet, de manière à enlever les balèvres en même
temps qu’on les coupe, sans avoir à craindre d’abimer la couche de couleur sous-jacente. 11 tant que le
briquetage soit bien régulier pour que l’on puisse se servir du couteau à deux lames. Les joints verticaux
ne se découpent généralement qu’avec celui à lame unique. M. Gilles se sert aussi, pour guide d applica-
tion et de découpage des joints, d’une règle munie d’un niveau à bulle d’air, assurant 1 horizontalité par-
faite des joints. Pour augmenter la solidité des joints horizontaux, il les incruste dans une double rainure
pratiquée à l’avance dans le rebouchage teinté des joints de briques, quand ce rebouchage est encore mal-
léable. Enfin, en appliquant les joints avec un fer creusé en demi-cercle ou en triangle, il obtient des joints
saillants de ces formes. Les joints horizontaux sont ici traînés les derniers, et l’on raccorde ensuite sur
eux les joints verticaux que le passage en ligne droite du fera coupés. Nous ne pouvons recommander ni
cette incrustation, entraînant une augmentation de dépense qui ne nous parait pas justifiée par une utilité
correspondante bien démontrée, ni les joints saillants fantaisistes.
Nous avons dit qu’il n’était pas nécessaire que la construction fût en briques pour obtenir un parement
de briques apparentes parfaitement jointoyées à l’anglaise. Il suffit pour cela d’appliquer le badigeonnage
acide fortement chargé d’ocre de la deuxième opération ci-dessus décrite, sur un enduit ordinaire en plâ-
tre ou en ciment, mais en prenant la précaution, s’il s’agit de ciment, d’en laver d abord la surface avec de
l’eau fortement acidulée. Nous préférons toutefois le procédé qui consiste à faire un enduit en plâtre ou
en ciment coloré en ton brique et dressé avec l’arête à dents de la truelle brettée, sur lequel le jointoyeur
vient ensuite appliquer son badigeonnage et son jointoiement décoratif. On tire un excellent parti de 1 em-
ploi d’un plâtre chargé de mouchettes et des débris de charbon résultant de sa cuisson au bois. La fausse
brique, préparée avec un enduit de ce genre, ressemble à s’y méprendre, après le jointoiement à l’an-
glaise, à de la brique naturelle.
Dans les Pays-Bas, comme on a pu le voir à l’Exposition de 1878, on encadre aussi souvent de
joints blancs les briques des façades ornées, mais sans rebouchage préalable et sans badigeonnage. Les
joints sont fins; ceux horizontaux ont à peine 7 millimètres de largeur et ceux verticaux 3 millimètres.
Ils sont faits avec le mortier fluant des joints de la construction, taillés en bizeau et pour ainsi dire indé-
pendants des briques qu’ils encadrent. Les briques sont souvent petites et sans arêtes vives, comme celles,
par exemple, des bords de l’Yssel, avec lesquelles on avait construit à l’Exposition une reproduction de la
porte de Nimègue, de sorte que les joints, tout en étant coupés au nu même du parement, semblent par-
fois être en saillie sur ces briques et parfois débordés par elles. L’efiét décoratif ainsi obtenu est plein
de légèreté et de mouvement, mais le découpage des joints est un travail de précision dont le coût doit
être élevé.
En Picardie, on encadre aussi les briques de joints saillants régulièrement découpés, mais on leur
donne jusqu’à deux centimètres de largeur; ils sont grossièrement exécutés. La brique est souvent
peinte à l’huile entre eux, et quelquefois eux-mêmes sont réchampis de peintures. Nous ne présentons
pas ce système comme un modèle à imiter.
Les joints plats décoratifs du jointoiement à l’anglaise sont quelquefois remplacés par des joints
creux ou formant baguette, tramés dans l’épaisseur du rebouchage des joints de briques. Dans ce cas, il
n’est plus possible de faire passer les joints à travers le plein des briques, ce qui est un progrès. Mais
l’exécution de ces joints présente certaines difficultés. Tantôt le rebouchage se fait en mastic blanc ; on
traîne les joints, puis on exécute sur chaque brique, isolément, en prenant garde d’atteindre les joints, le
coloriage qui constitue la troisième opération du jointoiement ordinaire à l’anglaise. D’autres fois, par-
dessus un premier rebouchage en mastic blanc légèrement enfoncé en arrière du nu des briques, on en
fait un second en mastic teinté, qui n’a que l’épaisseur d’un enduit d’apprêt de peinture et qui affleure le
nu du parement, puis on badigeonne en plein ce parement, comme à l’ordinaire ; après quoi, ayant tracé
les joints, on enlève la couverte d’enduit teinté, dans la largeur de ces joints, ce qui s’exécute facilement
avec le tranchant d’une bandelette mince d’acier repliée en paire de pincettes, et en se guidant avec une
règle. Ensuite, avec un fer spécial, on imprime la baguette dans l’épaisseur du rebouchage de mastic
blanc, en le lissant avec force. Enfin, on se contente parfois de badigeonner le parement sur un rebou-
chage en mastic blanc à fleur des briques, et, avec le grattoir en bandelette d’acier, on enlève la couleur
comme précédemment l’enduit teinté ; l’opération se termine ensuite également de la même manière.
Quand on veut un joint en cannelure, on le creuse d’abord avec le grattoir en bandelette d’acier, et on le
lisse ensuite avec un fer un peu plus gros que le creux pratiqué. Nous dirons plus loin le motif de cette
manière d’opérer. On termine d’abord les joints verticaux, pour que les joints horizontaux conservent toute
leur netteté individuelle. Souvent on noircit à la pierre ces joints creux, ce qui fait très bien avec des bri-
ques jaunes, mais présente une certaine sévérité d’aspect.
Le jointoiement des façades en briques se fait encore de deux autres manières : ou l’on se sert des
joints mêmes de la maçonnerie, ou l’on procède à un rebouchage après une dégradation poursuivie
jusqu’à la profondeur de (KOI 5 à 0n,.02.
Dans le premier cas, dit le colonel Demanet, les maçonneries doivent avoir été montées à joints bien
pleins et bien fluants de mortier. Le cirage des joints se fait en pressant fortement et en lissant ce mortier
avec une petite truelle épaisse et étroite, quand il a pris assez de consistance pour subir ce travail sans
trop céder sous la pression. 11 faut prendre bien garde de ne pas l’étaler sur la face des briques. C’est le
procédé le plus répandu dans tous les pays. Il s’exécute parfois, dans un but tout décoratif, avec un mortier
de chaux blanche, des joints fins et des briques de choix, en coupant les joints bien régulièrement au nu
des briques et en les lissant proprement. Entre cette dernière manière, employée parfois en Angleterre et
en Normandie, mais beaucoup plus rarement aujourd’hui qu’autrefois, et le jointoiement taillé ef découpé des
Pays-Bas, il existe quelque rapport ; toutefois, celui-ci nécessite un échafaudage extérieur, tandis que le
jointoiement du système précédent s’exécute sans cet échafaudage, ainsi que se bâtissent, d’ailleurs, la plupart
des constructions tout en briques; les briqueteurs le font eux-mêmes en revenant sur leur travail,
après avoir monté huit à dix rangs de briques.
Dans le second cas, après avoir dégradé les joints, on lave les façades à l’eau claire, dit encore le
colonel Demanet, et l’on procède au rebouchage, soit avec un mortier plus fin et plus hydraulique que
celui de la construction, et parfois coloré diversement, qu’on lisse à plat comme précédemment ou sur
lequel on détache au fer une cannelure ou une baguette, soit en ciment pur de Portland, èt sans se
préoccuper alors des bavures de ce rebouchage sur la face des briques. Sur le jointoiement de ciment en
plein, on trace souvent un réseau de joints creux. Ces joints, ordinairement, sont refoulés entièrement
au fer, mais il arrive souvent que le ciment déjà durci ne cède à la pression qu’en se broyant plus ou
moins, de sorte que les arêtes des cannelures ne viennent pas nettement ou s’émoussent rapidement. On évite
cet inconvénient en évidant d’abord le [creux des joints avec le grattoir en bandelette d’acier, et en lissant
ensuite les joints avec un fer plus gros que le creux pratiqué, comme nous l’avons dit ci-dessus.
Sur les briquetages de fumisterie industrielle, les fourneaux, les étuves, les conduits de fumée, etc...,
le même rebouchage en plein avec réseau de joints creux s’exécute couramment, mais ce rebouchage,
au lieu d’être fait en ciment, l’est avec un mortier composé d’une partie de terre à four contre trois
parties de limaille de fonte tamisée et passée au crible, en grains de 1 à 2 millimètres de grosseur, ni
plus fins ni plus forts. On ajoute au mélange un peu de sel ammoniac en poudre, et l’on gâche le tout en-
semble avec le moins d’eau possible et en le brassant énergiquement.
Les briqueteurs qui n’ont pas de sel ammoniac sous la main au moment nécessaire, le remplacent
ainsi que l’eau pure, non avantageusement ni proprement, mais suffisamment, par de.... l’urine.
DESCRIPTION DES PLANCHES
En passant la revue des planches de dessins qui
composent cet ouvrage, nous n’avons pas seulement
pour but de les accompagner d’explications utiles par-
ticulières, mais principalement d’étudier sur elles, et à
l’aide de dessins complémentaires , tout ce qui se
rapporte à l’emploi de la brique ordinaire : d’abord les
six appareils le plus 'souvent pratiqués dans la con-
struction des murs proprement dits, puis la manière
de résoudre le mieux possible les difficultés que pré-
sente l’emploi rationnel de la brique, dans nombre de
cas très variés ; pour la construction, par exemple, des
jonctions de murailles se rencontrant à angle droit ou
obliquement, des retours d’équerre en façade, unis ou
cantonnés, des ressauts divers formés par les pilastres,
les pieds-droits de portes ou de fenêtres, etc., etc. Les
nombreuses ligures qui élucident notre texte nous ont
permis d’être bref. Ilien ne vaut, d’ailleurs, comme
clarté, le langage des dessins. Nous nous sommes
efforcé, sans rien omettre d’utile dans nos descrip-
tions, d’épargner constamment le temps et la fatigue
de nos lecteurs.
PLANCHES I ET II.
Briquetages • composés avec l'appareil n° 1 .
L’appareil n° 1 (tuât panneresses , fig. 1), c’est-à-dire,
composé uniquement de briques assemblées àplat dans
le sens de leur longueur (Voir ci-dessus, chap. iii,
Emploi des briques, la description comparative des
divers appareils constructifs ) , ne permet de former que
des cloisons de O"1. 1 1 d’épaisseur, et ne peut guère ser-
Fig. 1.
vir, en conséquence, qu’à des ouvrages d’importance
secondaire : à remplir, par exemple, les espaces restés
vides entre les pièces qui constituent l’ossature d’un
pan de bois ou d’un pan de fer, pour des poulaillers,
des pigeonniers, des cbâlets, des halles et des mar-
chés, etc. On l’emploie aussi quelquefois, avec avan-
tage, pour la construction de certaines cheminées de
cuisines, d’alléges de fenêtres, etc. Ajoutons qu’on a
tort de l’employer, comme on le voit malheureu-
sement souvent , en revêtement de constructions en
pierre, pour simuler des assises dans les trumeaux, sans
se préoccuper de l’épaisseur réelle de ces trumeaux,
toujours plus grande que celle de 0“.ll, à laquelle
correspond cet appareil.
PLANCHE III.
Application de V appareil n° 1 aux Halles
et Marchés.
Nous avons cru utile de réunir sur une même plan-
che les trumeaux ou panneaux de remplissage des
marchés de Paris, les plus intéressants au point de
vue de l’emploi de la brique. Ces trumeaux , de 0m. 1 1
d’épaisseur, n’offriraient pas assez de consistance,
surtout formantde larges travées, s’ils n’étaient engagés
de quelques centimètres dans les coulisses ménagées à
cet effet dans les côtés latéraux des colonnes [fig. 2).
On remarquera, sur la plupart des figures de cette
planche, les losanges typiques de l’appareil u° 1 , formés
par le croisement des diagonales de joints montants,
en forme d’escalier continu, dont nous avons parlé.
Fig. î.
PLANCHE IV.
Application de l' appareil n° 1 aux Cheminées
de cuisines.
La brique joue souvent un rôle important dans la
construction des cheminées de cuisines. Elle est, à
cet effet, toujours choisie et recherchée pour la pu-
reté de sa couleur eL la finesse de son grain, plutôt que
pour sa dureté. Ses faces placées en parement sont
soigneusement usées au grès avant l’emploi, pour ob-
tenir des surfaces parfaitement unies.
Les cuisines d’une certaine importance possèdent or-
dinairement deux cheminées, l’une contenant le four-
neau laboratoire, à simple ou à double service, ligures 1
et 2, Pl. 4, et l’autre, figure 4, Pl. 4, ordinairement
placée en face de la première et servant à rôtir les
grosses pièces.
Trois des quatre chemi liées que nous reproduisons
sont tirées d'un hôtel du boulevard Arago. Celle repré-
sentée par la figure 1 fait partie d’une grande cui-
sine située au rez-de-chaussée, et celle figure 2,
d’une cuisine moyenne située au premier étage. La
cheminée, figure 3, se trouve dans la loge du con-
cierge. Elle contient un fourneau spécial, à deux
réchauds, avec àtre central permettant de brûler de la
houille à feu nu dans une grille, pour le chauffage
d’hiver.
PLANCHES Y ET VI.
Briquetages composés avec l'appareil n° 2.
Avec cet appareil ( tout boutisses ) on ne peut con-
struire, sans couper de briques, que des murs de 0”.22
d’épaisseur (/ty. 3). Si la nécessité décorative conduisait
Fig. 3.
ii construire avec lui des murs plus épais, il serait né-
cessaire, pour obtenir une liaison convenable en tous
sens, de ranger les demi-briques en continuité sur
les deux parements, de deux en deux tas, comme le
montre la fig. 4 ci-dessous, et non pas d’alterner ces
Fig. 4.
demi-briques avec des briques entières, dans un
même tas , comme le mon tren t les figures suivantes. Cette
dernière disposition fig. 5 et 6), employée par le génie
Fig. 5.
militaire dans le nord de la France, permet, il est vrai,
de placer en parement un nombre moitié moindre de
demi-briques qu’avec la disposition précédente, mais
elle présente l’inconvénient de créer, dans le plein des
murs, des lignes verticales continues de joints sans
liaison aaa[fig. 5 et 6). La liaison transversale des bri-
ques entre elles, dans le sens desparements, est moins
grande et partant moins solide, avec cet appareil tout
boutisses, qu’avec les appareils formés de boutisses et
de panneresses. Il a encore l’inconvénient de présen-
ter en parement un plus grand nombre de joints ver-
ticaux que ceux-ci, et d’exiger ainsi, pour le seul
jointoiement des façades, une première main-d’œuvre
plus coûteuse et un entretien probable plus dispen-
dieux. Son unique mais réel avantage réside dans la
possibilité d’exécuter avec lui nombre de briquetages
décoratifs, dans le genre mosaïque à point régulier de
tapisserie, que la présence de pannei’esses rendrait
impossibles.
PLANCHE VII.
Application des appareils n° 1 et n° 2
à des Constructions légères.
Que de combinaisons charmantes permetla brique as-
sociée au bois ou au fer, pour des constructions légères du
genre de celles que nous présentons ici en exemple à nos
lecteurs ! Sans insister, quelques observations, cepen-
dant, sont nécessaires : il convient, pour la solidité de
l’ensemble ainsi que pour l’aspect, que l’ossature do-
mine le remplissage : en d’autres termes, que les
panneaux soient proportionnés d’étendue avec la
largeur des pièces de charpente qui les encadrent, et
ne soient jamais trop grands ; il serait bon, pour éviter
les disjonctions apparentes qui surviennent entre les
panneaux et les poteaux , par suite du jeu de ces der-
niers sous les influences atmosphériques, que les
panneaux pénétrassent toujours convenablement dans
les flancs des poteaux [fig. 7 et 8) ; il serait utile, enfin,
Fig. 7.
dans certains cas, pour s’opposer le plus possible à la
pénétration des pluies chassées par le vent à travers
Fig. 8.
I
les panneaux peu épais, de les peindre extérieure-
ment, si la brique n’est pas suffisamment imper-
méable par elle-même, d’une couche de badigeon
incolore à base de silicate de potasse, ou autre.
PLANCHES VIII A XI.
Briquetages composés avec V appareil ’n° 3.
Cet appareil, dit à chaîne verticale simple, comme
type décoratif, parce qu’il permet seul, en enlevant
par la pensée les boutisses a, a, a [fig. 9 et 10), de
Fig. 9.
former sur les façades comme une suite régulière de
— 23
chaînes verticales pareilles, seulement juxtaposées, c,
c, c. On l’appelle aussi chaîne anglaise, parce qu’il
est très employé en Angleterre. C’est un appareil
très solide et d’emploi très commode. La liaison des
briques est parfaite dans toute l’épaisseur des murs,
soit de O”. 22, soit de Om.34, soit de Om.45, etc. [fig. 9
Pi K. 13.
à 14). On remarquera que tous les joints de pan-
neresses se trouvent sur de mêmes lignes verticales
ainsi que tous ceux des boutisses, de sorte qu’il
n’existe jamais qu’une épaisseur de brique entre deux
joints montants quelconques situés sur la même verti-
cale, tandis que dans l’appareil n° 4 on trouve, de
deux en deux verticales de joints, trois épaisseurs de
brique entre leurs joints successifs.
PLANCHE XII.
Application de l'appareil n° 3 à un Bâtiment
de communs.
Les planches 19 et 74, dont nous parlerons à leur
tour, mais auxquelles nous renvoyons de suite le lec-
teur, ainsi qu’au texte qui les accompagne, présentent,
avec la planche 12, quatre monographies complètes
d’écuries et remises, quatre types différents qui mon-
trent bien quelle riche et variée décoration on peut
obtenir, à peu de frais, avec la brique ordinaire, pour
des bâtiments de communs. Ce qui saisit, au premier
abord, en regardant la planche 12, c’est qu’il règne
ici un luxe sévère et sans ostentation, réglé, mesuré,
mais s’affirmant, basé sur une fortune bien assise.
Nous n’ajouterons rien à cette remarque, si ce n’est
que, sans la coloration fournie par l’emploi de briques
de deux couleurs bien assorties, il n’eùt pas été pos-
sible d’obtenir un effet aussi réussi.
PLANCHES XIII ET XIV.
Briquetages composés avec l'appareil n° 4.
L’appareil n“ 4, dit en croix ou à diagonales losangi-
ques continues inclinées à 45 degrés , plus solide et plus
beau que l’appareil précédent, convient surtout aux
grandes surfaces, sur lesquelles il peut libremenl
développer ses lignes de joints en escalier et ses
losanges carrés de toutes les dimensions qu’on veut.
Il perd beaucoup sur les surfaces restreintes, et de-
vient alors d’un emploi difficile pour le raccorde-
ment régulier des angles de baies. Composé, comme
le précédent, d’assises alternées de boutisses etdepan-
neresses (/ ïg . 15 à 18), il n'en diffère que par le chevau-
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Fig. 16.
Fig. 17.
cbement de ses panneresses superposées de deux en
deux assises, de sorte que tous les joints de boulisses
se trouvent encore situés sur des mêmes lignes verti-
cales, tandis que les joints de panneresses, ne se cor-
respondent plus que de cinq en cinq tas. Cet éloigne-
ment des joints correspondants de panneresses con-
stitue la solidité plus grande de cet appareil, comparé
au précédent. De même que ce dernier, il permet de
construire des murs parfaitement liaisonnés suivant
toutes les épaisseurs. Peu employé à Paris, on le trou-
ve, en revanche, appliqué fréquemment dans le nord
de la France ainsi qu’en Angleterre, mais surtout en
Belgique. C’est l’appareil flamand proprement dit.
PLANCHE XV.
Application des appareils n° 3 et ?i° 4
à des Fontaines.
La construction des fontaines nécessite toujours
l’emploi de matériaux capables de résister â l’humi-
dité constante, aux rejaillissements de l’eau, aux ge-
lées et aux chocs, tout au moins dans le voisinage des
vasques. Peut-être la pierre et la fonte conviennent-
elles mieux généralement que la brique pour cet objet;
mais on peut cependant, avec des briques de bonne
qualité, unhourdisde ciment et un jointoiement appro-
prié, construire les fontaines dont la planche XV fournit
les types. Les deux premières sont isolées et lesautres
sont adossées à des murs. Les soubassements, les
vasques et quelques autres parties sont en pierre. Tout
le reste est en briques.
PLANCHES XVI ET XVII.
Briquetages composés avec l'appareil n° 5.
Cet appareil, dit à double chaîne verticale emboîtée ,
parce qu'il présente, en effet, une alternance régulière
de deux chaînes pareilles mais décrochées d’un tas,
alternativement, et emboîtées entre elles, se compose,
en parement, de boutisses et de panneresses alternées
à la fois dans chaque tas et d’assise en assise succes-
Pig. 21.
sivement {ftg. 19 à 28). 11 est très beau et d’apparence
solide, mais il est loin d’avoir, à ce dernier point de
vue, la valeur des deux appareils précédents. La
liaison des briques n’est pas complète dans toute
Fig. 23.
l’épaisseur des murs, car on ne peut éviter la conti-
nuité des joints verticaux aux points a a [fîg. 20 à
26). De plus, pour la construction des murs deOra.34
et de 0m.45 d’épaisseur, on se trouve obligé d’em-
ployer des demi-briques, au double détriment de la
solidité et de l’économie, comme nous l'avons montré
en parlant de l’appareil n° 2.
Fig. 2S.
Cet appareil n° 5 est très employé à Paris ainsi
qu’en Angleterre, concurremment avec l’appareil n° 3.
Il pourrait servir avec avantage à construire des murs
creux (fig. 27 et 28).
Fig. 27.
PLANCHE XVIII.
Application de l'appareil n° 5 à un Chalet
d' habitation bourgeoise.
Nous donnons dans cette planche la monographie
complète d’un chalet exécuté à Brunoy, par M. Davioud,
architecte. Cette construction, dans laquelle la pierre,
la brique, le bois, la faïence et l’ardoise, se marient
agréablement dans un ensemble parfaitement pondéré
de lignes, de masses et de couleurs, est un excellent
exemple de l’effet qu’on peut obtenir en laissant la
brique jouer un rôle dominant. Le soubassement seul
est en pierre. Accompagné du bandeau blanc cou-
rant sous l’appui des fenêtres du rez-de-chaussée, il
dessine nettement et sans lourdeur aucune l’assiette
de l’édifice qui le surmonte. Les façades de briques
sont construites avec l’appareil u* 5. Elles sont unies
et seulement décorées d’un briquetage à deux tons,
rouge et noir-bleu, celui-ci formant fond, enlaçant le
rouge de toutes parts et en atténuant l’éclat trop vif
sous un reflet légèrement violacé. Telle esl la note do-
minante et de caractère neutre qu’avivent, doucement,
d’abord, le ton bois du balcon découpé à jour, et plus
vivement, ensuite, plus agréablement aussi, dans
l’ombre de la toiture saillante, les bleus brillants de la
frise de faïence. Au-dessus vient le toit d’ardoise
aux reflets noirs-bleus changeants, détachant sur le
clair du ciel sa silhouette élancée et sa crête ajourée;
masse imposante, s’alourdissant dans l’ombre, mais
proportionnée d’importance avec le corps de bâtiment
— 25 —
qu’elle termine, et qui s’éclaire différemment selon
l’heure du jour : absorbant les rayons du soleil, en
quelque sorte, d’autant plus doucement pour le re-
gard que le soleil est plus haut sur l’horizon, ou fai-
sant miroiter la surface lisse de ses pans sous les
clartés de la pleine lune. — Richesse sans ostentation,
sévérité sans sécheresse, voilà ce que l’architecte a pu
dire en harmonisant les teintes fondues de son décor:
« Urique rouge encadrée de brique noire-bleue »,
voilà la note dominante qu’il a su mettre habilement
en valeur. Nous recommandons cet exemple àl’atten-
tio i éclairée de nos lecteurs.
PLANCHE XIX.
Application de V appareil n° 5 à des Bâtiments
de Communs.
La brique ordinaire, avec son ton rouge prédomi-
nant, convient parfaitement aux bâtiments de com-
muns, dont les façades, toujours peu ajourées, pré-
sentent de grandes surfaces pleines nécessitant une
décoration appropriée à l’usage de ces bâtiments. Le
ton uni de la pierre est trop calme et trop sévère pour
ces surfaces; la pierre moulurée et sculptée serait trop
riche; les ravalements en plâtre, revêtus de peintures,
seraient trop pauvres et d'un entretien trop coûteux.
La brique seule permet ici de satisfaire aux conditions
multiples de solidité, d’aspect agréable, de conve-
nance et de réelle économie.
Dans les deux types figurés sur la planche 19, la
brique joue un rôle différent. Sur la face de la vaste
écurie élevée par M. Carrier, pour MM. Ilawes, rue
François-I", elle est subordonnée à la pierre, construc-
tivement et décorativement. On remarquera l’excellent
effet que produisent les points noirs parsemés symé-
triquement dans les bandes rouges courant entre les
assises de pierres saillantes : sans ces points noirs,
qui relèvent et affermissent ces bandes, les assises de
pierre eussent peut-être paru trop lourdes. Sur les
façades de la cour des communs de la riche maison
bourgeoise élevée à Neuillv, par M. Galand, la brique
joue, au contraire, un rôle dominant à tous les points
de vue : c’est le ton orangé, composé de jaune et
de rouge en proportions convenables, avec une pointe
de noir, que reflète ici l’ensemble des façades ; cou-
leur à la fois claire et chaude par tous les temps, douce
aux yeux sous les plus ardents rayons du soleil, riche
et gaie. Et ce brillant décor, ajouterons -nous, ne
vaut-il pas mieux que des façades ternes, agrémentées
de moulures quelconques, pour encadrer convenable-
ment le luxe des voitures de maître et des chevaux de
sang ?
La brique sert souvent à former le sol des écuries,
et l’on trouve aujourd’hui dans le commerce, pour
cet objet, des briques grésées ou des pavésde grès
céramiquequi sont d’un excellent usage.
PLANCHE XX.
Applicationde l'appareil n°b à un Pigeonnier .
Les planches 7 et 43 présentent deux autres exem-
ples de pigeonniers construits en briques. Dans la
planche 7, dont nous avons déjà parlé, la brique est
en majeure partie subordonnée à la charpente en bois.
Dans la planche 43, au contraire, la brique est l’élé-
ment constructif principal, mais elle sert à former une
tour ronde renfermant un haut réservoir cylindrique,
autour duquel serpente une échelle de service en fer
conduisant à un campanile servant de pigeonnier, le-
quel est construit en charpente, avec remplissage de
brique apparente, et ne contient qu’un petit nombre
de nids. Dans la planche 20, il s’agit d’un pavillon
octogone construit en briques, avec angles en pierre,
divisé en deux parties sur sa hauteur par un plancher
d’étage, et communiquant, au rez-de-chaussée, avec
une volière grillagée entourante, et éclairée, au-dessus
de la volière, dans toute la hauteur de l’étage, par de
grandes baies ouvertes dans quatre de ses faces, et
par huit petites lucarnes établies dans la toiture. Les
parois intérieures sont entièrement garnies de cases,
à partir de l'".00 environ au-dessus du sol, et une
échelle pivotante, servant aussi de perchoir, permet
de visiter facilement tous les nids. On sait que les pi-
geons reviennent toujours au logis où ils sont nés, tant
qu’ils sont jeunes, ou bien où ils ont des petits, quand
est venu pour eux l’âge des amours. Aussi, pour con-
serverdes pigeons nouveaux venus, faut-il absolument
les mettre en cage, mais en leur laissant voir les alen-
tours, jusqu’au jour où l’instinct familier les ramène
à leur propriétaire. Le rez-de-chaussée du pigeonnier
de la planche 20, séparé de l’étage par une trappe,
se prête facilement à cette division, en même temps
qu’il peut servir de volière proprement dite, pour des
oiseaux de luxe, et même de poulailler au besoin.
PLANCHE XXI.
Briquetages composés avec l'appareil n" 6.
Cet appareil, dit à double chaîne verticale non em-
boîtée., parce qu’il présente en parement, comme l’ap-
pareil précédent, une double chaîne verticale, mais
avec une boutisse d {fig. 29 à 35) interposée entre les
harpes d’emboîtement, et à diagonales losangiques dis-
continues inclinées à 45“, parce qu’il ne présente, sous
cette inclinaison, qu’une ligne de joints en escalier se
décrochant tous les 4 joints et ne permettant ainsi de
former que des losanges limités d’étendue (voir la
description comparative des appareils, dans le cha-
pitre III, lrc partie); cet appareil, disions-nous,
6
qui permet l’exéculion de briquetages caractéristiques
très différents de ceux propres à l’appareil précédent,
Fig. 33.
présenle, au point de vue constructif, les mômes in-
convénients : les points sans liaison aaa se retrou-
vent, moins nombreux cependant; de même la néces-
sité d’employer des demi-briques pour les murs de
0m.34 et de 0m.57.
PLANCHE XXII.
Application de l'appareil n“ 6 à un groupe
de Serres.
Aucune matière ne vaut la brique, à cause surtout
de sa couleur, qui se marie si bien avec la verdure
des arbres, pour toutes les constructions pittoresques
des parcs et des jardins, et pour les orangeries, en par-
ticulier, ainsi que pour les serres, qui sont le luxe au-
tant que la nécessité de toute maison de campagne de
quelque importance. Certes, une salle couverte quel-
conque, chauffée et garnie de grandes fenêtres regar-
dant le soleil, peut servir de resserre suffisante aux
orangers et à la plupart des plantes d’ornement qui
redoutent seulement le gel; mais ne serait-ce pas
misère que de loger de la sorte des arbustes coûteux,
dont on se pare orgueilleusement l’été et qui ne de-
mandent pas mieux que de servir également d’orne-
ment en hiver. A ce point de vue, l’orangerie peut de-
venir un lieu de promenade, et il convient d’y joindre
en continuité une serre tempérée et une serre chaude,
pour faire du tout un jardin d’hiver attrayant. Tel
est le but auquel répond la planche 22. La serre tem-
pérée est à droite, et son appareil de chauffage est
placé à proximité de l’orangerie, de manière à pouvoir
les chauffer en même temps, à l’occasion, avec le
même foyer.
PLANCHE XXIII.
Briquetages composés avec des appareils
divers.
Nous donnons dans cette planche une série de
bandes horizontales unies ou ornées, pour surfaces
illimitées, et composées sans tenir compte des appa-
reils constructifs employés. L’appareil n° 1 est exact
dans la figure 2, ainsi que l’appareil n° 3 dans les fi-
gures 3, 4 et 8, l’appareil n° 5 dans les figures 7,
13 et 14, et l’appareil n° G dans la figure 12. Dans
les figures 1,5, G et 10, l’appareil est tout de fantaisie.
Les figures 9 et 11 sont des variantes de l’appareil
n°3. Nous ferons observer que ce n’est jamais que par
exception, pour des parties de construction restreintes,
secondaires, et en tout cas qu’avec grand soin dans
l’exécution du travail, que l’on peut changer l’ordon-
nance des appareils constructifs. Mais ce n’est pas une
raison, parce que la règle est bonne et nécessaire,
pour ne jamais laisser la fantaisie introduire ses
variantes souvent heureuses dans le cours régulier des
choses.
PLANCHES XXIV ET XXV.
Application d'appareils divers à des Maisons
de garde et de jardinier-concierge.
Les planches 24 et 25 présentent, avec les plan-
ches 72 et 73, cinq monographies complètes de mai-
sons de jardiniers-concierges ou de gardes, ayant
entre elles, nécessairement, un certain air de parenté,
mais formant autant de types décoratifs distincts, que
nous conseillons au lecteur de rapprocher l’un de l’au-
tre pour bien les comparer entre eux. Ceux fournis
par les planches 24 et 25 sont plus simples, en tant
que combinaisons de briquetages, que ceux donnés
par les planches 72 et 73, dont nous ne dirons rien
ici. On remarquera que, dans la maison de jardinier
élevée à Auteuil, par M. Delarue (pl. 24), la brique est
pour ainsi dire uniquement employée à former les
angles de la construction et les bandeaux qui marquent
les étages, tandis que, dans la maison de garde du
Bois de Boulogne (même planche), elle forme seule-
ment le remplissage des façades entre les chaînes
d’angles et les encadrements de baies, qui sont en
pierre. Dans le pavillon de jardinier représenté plan-
che 25, la brique se montre sous deux aspects : à la
fois mêlée à la pierre par assises alternées, pour con-
stituer les parties portantes des parties principales des
maçonneries, et formant mosaïque vernissée dans des
parties de remplissage. Ici, la recherche luxueuse est
manifeste et l’effet obtenu certainement brillant, mais
avec des éléments divers peut-être trop nombreux et
plutôt mêlés qu’accordés ensemble harmoniquement,
tandis que, dans la maison de jardinier d’Auteuil, la
simplicité des moyens et du but poursuivi n’exclut pas
l’élégance finalement obtenue. Quant à la maison de
garde du Bois de Boulogne, on y pourrait trouver
quelque lourdeur; mais accompagnée de grands ar-
bres et vue d’un peu loin, sous le clair du ciel, cotte
impression première disparaît ; d’ailleurs, un pou de
lourdeur, il faut le reconnaître, n’est pas absolument
en désaccord avec un poste de douaniers.
PLANCHES XXVI A XXX.
Frises composées avec les mêmes appareils
que les surfaces illimitées.
Après l'étude des briquetages composés sans se
préoccuper de l’arrêt du décor qu’ils forment, vient
nécessairement celle des briquetages destinés à for-
mer à plat, ou seulement avec un relief insignifiant
sur la face des murs, un décor limité soit en hauteur,
soit en largeur, soit en tous sens : des frises, des tru-
meaux, des panneaux. Les frises, on le sait, sont des
bandes ornées, de diverses largeurs, qui courent hori-
zontalement, soit au-dessous des corniches, soit entre
les appuis de fenêtres et un bandeau saillant, soit dans
des soubassements continus. Nous ne saurions trop
recommander à nos lecteurs d’attacher tous leurs soins
à la composition de ces motifs décoratifs qu’ils de-
vront mettre en œuvre, mais il nous paraît inutile d’en-
trer ici, sur leur composition, dans des explications
quelconques.
PLANCHES XXXI ET XXXII.
Petit Hôtel d'artiste et petite Villa ornés
de frises en faïence.
Quoique l’emploi des faïences décoratives n’entre
pas, comme étude, dans le cadre de cet ouvrage, les
monographies qu’il présente en offrent de nombreux
exemples (voir les PL 4, 7, 18, 36, 48, 69, 70, 71 et
74). Il convient, pensons-nous, de n’en pas faire abus,
mais il faut reconnaître qu’employées discrètement,
dans des frises, dans des allèges, dans des tympans
de portes ou de fenêtres, dans des médaillons, etc.,
elles ajoutent singulièrement à la richesse des faça-
des. 11 y a d’ailleurs faïences et faïences, et s’il faut se
garder de tomber dans la fumisterie en lui emprun-
tant à la fois ses carreaux et ses prodigalités de ce
genre au long des éviers et des fourneaux de cuisine,
du moins y a-t-il tout prolit à mettre en œuvre les
faïences spéciales, aussi bonnes que belles, que les cé-
ramistes offrent aujourd’hui couramment à des prix
très abordables.
PLANCHES XXXIII ET XXXIV.
Trumeaux.
Tous les types de trumeaux que nous donnons dans
ces deux planches sont entièrement en briques, à
l’exception seulement de ceux représentés par les
figures 4 et 6 de la Pl. 33, dans lesquels l’encadrement
des fenêtres est en pierre. Ce dernier type, figure 6,
est imité des trumeaux que l’on construisait en
France sous Henri IV et sous Louis XIII. La brique n’y
joue qu’un rôle secondaire et souvent même unique-
ment décoratif. Réduite alors à des proportions exi-
guës, on ne s’en sert que pour former le parement
extérieur, en la logeant dans un vide ménagé ad hoc
dans la pierre, sur une profondeur de 11 centimètres;
mais quelques-uns l’appareillent en tout panneresses,
tandis que d’autres la disposent suivant un appareil
mélangé de boutisses, en lui donnant ainsi une appa-
rence constructive en rapport avec l’épaisseur des
murs dont elle fait partie. Notre exemple met en œuvre
l’appareil n° 3. Dans la figure 4, la brique forme le plein
des trumeaux dans toute leur épaisseur. Ici, l’appareil
mis en œuvre est tout de fantaisie, mais répondant
bien à une épaisseur quelconque des murs. Ces deux
types sont unis. Ils n’obligent, comme combinaison
spéciale, qu’à placer exactement l’axe des brique-
tages décoratifs sur la même ligne que l’axe constructif
des trumeaux. C’est là, du reste, une condition qui
s’impose également aux trumeaux tout en briques,
comme aux allèges et comme, en général, à toutes les
parties limitées dont la décoration doit nécessairement
s’accorder avec leur construction.
Il ne nous paraît pas nécessaire de parler des tru-
meaux tout en briques. Les dessins qui les représen-
tent s’expliquent suffisamment d’eux-mémes. D’ail-
leurs, des coupes explicatives de la construction des
saillies isolées qui ornent ces trumeaux, accompagnent
les figures d’ensemble de la PL 34, plus compli-
quées que celles de la Pl. 33, et l’on trouvera
plus loin tous les renseignements désirables sur la
construction rationnelle des pilastres, des jambes, des
chaînes, etc., qui meublent ou limitent latéralement
les trumeaux.
PLANCHE XXXV.
Allèges.
Des trumeaux aux allèges de fenêtres la distance
est petite, mais, constructivement, la différence est
grande, entraînant avec elle la possibilité d’une déco-
ration d’un caractère également bien différent; caries
allèges ne sont, en réalité, que de simples cloisons de
remplissage reliant entre eux les trumeaux au-dessous
des croisées, dans l’épaisseur du tableau des baies,
tandis que les trumeaux exercent, au premier chef,
une fonction de support : aussi comprend-on qu’il soit
permis de placer des briques en diagonale, par exemple,
selon la fantaisie, dans les allèges, tandis que cela
serait impardonnable dans des trumeaux.
Les allèges peuvent être accusées distinctement au
dehors ou perdues dans le nu des façades. Les figures 1,
2, 3, 4, 7 et 9 de la planche 35, représentent des
allèges apparentes, et leur construction diffère de celle
des murs. Dans les figures 5, 6, 8 et 10, les allèges sont
dissimulées et conséquemment construites avec l’ap-
pareil des murs attenants, quoique leur épaisseur ne
soit pas la même. Nous ferons remarquer que dans
les murs de 0“.22 d’épaisseur, les fenêtres n’ont pas
ordinairement d’alléges.
PLANCHE XXXVI.
Hôtel d'un peintre, avec allèges décoratives
ornées de faïences.
C’est principalement à la tonalité neutre et douce
fournie par la couleur des briques employées, et au
chatoiement bleu des faïences qui animent les allèges
de fenêtres, bien plus qu’à l’ordonnance de son archi-
tecture, d’ailleurs pleine d’élégance et de bon goût,
que cette façade doit son charme particulier. Peut-être
pourrait-on reprocher à l’arc de cercle qui ferme par le
haut la grande baie vitrée éclairant l’atelier, de ne pas
être suffisamment contre-bouté pour le regard, afin de
fournir à l’esprit, par son intermédiaire, une impres-
sion de quiétude parfaite — quoique assurément on ne
puisse douter de la réelle solidité de cet arc et de ses
attaches ; mais on ne peut qu’applaudir tout le reste
sans réserve, et principalement la si charmante fenê-
tre isolée, située au-dessus de celle de la chambre
à coucher et figurée en détail au bas de notre
planche.
PLANCHE XXXVII.
Angles de murs, Pilastres et Contreforts.
A côté des exemples décoratifs que contient cette
planche et de ceux fournis par les planches 44 à 50,
61 et 62 (sur la composition décorative desquels nous
ne nous arrêterons pas), se place naturellement la
question constructive des saillies verticales que l’on
peut avoir à former sur les façades en briques appa-
rentes avec les principaux appareils en usage : ques-
tion importante, qui exige quelques développements
et l’attention suivie du lecteur, mais que l’abondance
de nos dessins explicatifs nous a permis de simplifier,
et que nous avons, d’ailleurs, réduite à sa plus simple
expression en éliminant de notre étude , à la dernière
heure, nombre de détails à peu près superflus. Nous
n’avons pas, du reste, la prétention de tout dire ni de
tout enseigner. Notre but est seulement de montrer
que pour les constructions en briques apparentes, plus
encore, peut-être, que pour les constructions en
pierre, il est nécessaire, avant de bâtir, de dresser un
calepin d'appareillement détaillé, sous peine de ne bâtir
souvent, sans cette précaution, qu’à tort et à travers.
Il va sans dire, en ce qui concerne l’exécution des
saillies en général, que si l’on se contente de tailler la
brique comme l’on taillerait de la pierre ou du bois,
ainsi que cela se pratique dans nombre de pays où la
brique est tendre, ou si l’on possède des briques spé-
ciales portant sur leurs faces les saillies qu’il s’agit
de produire, nos indications seront en partie inutiles;
mais autant le premier procédé est barbare, autant le
second se montre compliqué et n’est d’ailleurs que d’un
usage restreint. — Nous allons parler des angles de
murs, des pilastres corniers, des pilastres de trumeaux
et des contreforts. Nous parlerons des pieds-droits à
propos des planches 44 à 50, et des piliers de formes
diverses aux planches 61 et 62.
Angles de murs.
(Fio. 36 a 52.)
Leur arête est toujours formée, quels que soient
’ épaisseur des murs et l’appareil constructif employé,
par une chaîne continue de briques posées en
besace , c’est-à-dire lançant alternativement leur queue
des deux côtés de l’angle, et présentant ainsi, sur les
façades adjacentes, une boutisse correspondant à
une panneresse et intercalée, comme le montre la
Fis. 36.
fi g. 36, entre deux panneresses. Mais il s’agit, en-
suite, de raccorder rationnellement cette chaîne avec
les murs, suivant leur épaisseur et selon l’appareil
qui les distingue.
Avec l’appareil n° 1, qui ne comporte que des murs
épais d’une largeur de brique, rien de plus facile.
La fig. 36 représente ce raccordement. Mais, avec les
appareils suivants, la chose est plus compliquée.
Fig. 37.
Supposons que l’on coupe verticalement un mur en
briques de Ûm.22 d’épaisseur au moins [fig. 37), sur
un point quelconque, on trouvera toujours, quel que
soit l’appareil employé, des boutisses coupées en deux
par la ligne A B, de deux en deux rangs.
Fig. 38.
Des quarts de brique ne peuvent rester sur l’arête.
Deux moyens de raccordement se présentent : ou l’on
utilise les quarts de brique, en les plaçant alors à côté
des faces boutisses de la chaîne en besace, et en les
faisant suivre de boutisses annexes, sur les deux côtés
Fig. 11.
Fig. 42.
de l’angle, pour effectuer la liaison avec la suite des
murs(/îÿ. 38 à 40); ou bien on supprime ces quarts de
brique, et l’on réduit à 3/4 de longueur de brique les
Fig. 43.
Fig. 44.
faces panneresses entières de la chaîne en besace pré-
cédente ( fig . 41 et 42). Cette dernière méthode, géné-
ralement adoptée par les bons ouvriers briqueteurs,
se recommande par sa simplicité autant que par la
Fig. 45.
solidité qu’elle procure. C’est à elle que se rapportent
les exemples fig. 41 à 46.
Les figures 41 et 42 représentent un raccordement
d’angle de murs de 0,n.22, avec l’appareil n° 2. Celles
Fig. 46.
43 et 44, un raccordement de murs de 0m.34, et celles
45 et 46, celle-ci variante de celle-là, de murs de
0m. 45 , avec l’appareil n# 3. Celles 47 à 49, de murs
de 0m.22 ; celles 50, 51 et 52 de murs de 0m.34,
avec l’appareil n° 4.
Fig. 48.
On remarquera :
1° Que, dans tous les exemples précédents, de la
figure 41 à la figure 52, chaque assise possède en bout,
pour le raccordement de l’angle, un nombre de briques
de 3/4 de largeur, égal à celui que l’épaisseur des
murs raccordés contient de fois une largeur de bri-
que, c’est-à-dire deux briques de 3/4 pour les murs
de 0m.22 {fig. 41, 42, 47, 48 et 49), 3 pour les murs
de 0"‘.34 {fig . 43, 44, 50, 51 et 52), et 4 pour les murs
de 0ra.45 {fig. 45 et 46); ce qui est nécessaire pour que
le liaisonnement soit complet.
2“ Que, pour transformer le raccordement d’angle de
l’appareil n° 3 {fig. 43) en appareil n° 4 {fig. 47), il suffit
d’intercaler une boutisse ccc dans tous les quatre
rangs d’assises, entre la face panneresse de 3/4 for-
mant l’angle et la panneresse entière adjacente, ce
qui fait chevaucher les joints de ces rangs avec ceux
7
30 —
des assises de panneresses intermédiaires dd [fig. 47). nous croyons utile de montrer comment doivent se
«8- 50. Fig. tB.
La fig. 53 représente un raccordement d’angle
Fig. 53.
en pan coupé, pour murs de 0“.45, inclinés l’un sur
l’autre obliquement, cas qui se rencontre fort souvent
dans les carrefours.
(Fig. 54 a 57.)
Avant de parler de la construction des pilastres,
Fig. 5t.
raccorder entre eux, à leur point de rencontre, deux
murs de refend, par exemple, qui s’entrecroisent à
angle droit, et un mur de refend venant joindre un
mur de façade, dans un trumeau, sans se manifester sur
la face extérieure de ce trumeau par un pilastre. Les
fig. 54, 55, 56 et 57, dessinées d’après le type d’appa-
reil n° 3, s’expliquent assez clairement d’elles-mèmes
Fig. 56.
pour qu’il soit nécessaire de les accompagner d’un
commentaire quelconque. Le raccordement se fait à
peu près de la même manière avec tous les autres
appareils. On fera bien de comparer ces dispositions
avec celles indiquées plus loin, où nous examinons
la manière de raccorder les pilastres correspondant
à des murs de refend.
Pilastres corniers.
(Fig. 58 h 79.)
Les murs en retour d’équerre sont souvent canton-
nés de pilastres ou de chaînes qui les renforcent aux
— 31 —
angles, et qui sont parfois construits en briques d’une
Fig. 58.
Fig. 59.
autre couleur que celle des briques employées dans
la construction des murs.
Les fig. 58 et 59 montrent comment on peut ren-
forcer, par un pilastre de O”. 22, l’angle d’une con-
struction légère élevée en murs de Ora.ll d’épaisseur.
Il convient, dans ce cas, pour bien relier les murs
avec le pilastre, de disposer les briques comme on le
voit en a (fig. 59).
Fig. 60. Fig. 61.
La saillie des pilastres ne dépasse pas, en général,
la demi-largeur d’une brique (0m.055), si ce n’est dans
les constructions très importantes, où cette saillie
peut être portée à Om.ll.
Fig. 62. Fig. 63.
Le mode de construction des pilastres diffère dans
les deux cas.
Quand la saillie n’est que de 0“.055, on se trouve
obligé de tailler les briques en biais, en b b [fig. 65
et 66, etc.), aux points de rencontre des murs avec les
Fig- 61. Fig. 65.
préfère former une chaîne d’encoignure comme dans
les figures 60 et 61. Le plus souvent on abat simule-
ment la partie des briques formant harpes aa[fig. 62 et
Fig. 66.
63), et de cette façon on dégage un pilastre parfaite-
ment lié avec le mur, mais présentant des quarts
Ffg. 67.
de brique sur son arête de ressaut, en a a, tandis
qu’en taillant les briques comme aux fig. 65 et 66,
Fig. 68
cette arête ressemble à celle d’angle, et le pilastre se
dégage plus nettement des murs adjacents.
Fig. 69.
pilastres, pour les relier ensemble, à moins qu’on ne
Quand la saillie des pilastres est de Om.ll, il n’est
— 32 —
plus nécessaire de tailler les briques pour les lier avec
les pilastres (voir fig. 69, 74, 75, 76, 78 et 79). L’exé-
cution de ceux-ci demande moins de main-d’œuvre,
tout en présentant une plus grande solidité.
Nous donnons ici [fig. 64 à 79) une série d’exem-
Fig. 71.
Fig. 7Ï.
\
Fig '.i.
pies de pilastres corniers construits sur des murs de
0m.22, de 0“.34 et de 0,u.45 d’épaisseur courante, avec
des appareils différents, les uns faisant une saillie
de 0"'.055 sur le nu des murs, et les autres de 0“. 1 1 .
Tous les appareils ne se prêtent pas avec le même
avantage à la construction des pilastres, aussi
peut-on, dans le but de faciliter la main-d’œuvre,
se servir d’un appareil différent de celui employé
dans les murs adjacents. L’appareil n* 3 qui, mieux
que tout autre, se prête à la construction des sail-
lies, est celui employé le plus généralement et d’une
façon plus spéciale.
La fig. 78 montre un pilastre construit avec l’appa-
reil n* 5, de même que le mur, sur lequel il est
appliqué ; mais ce n’est pas là de la bonne construc-
Fig. 74.
tion et l’exécution laisse à désirer, car il reste dans le
Fig. 78.
plein du pilastre des lignes (verticales continues de
joints sans liaison.
Pilastres de trumeaux et contreforts
(Fio. 80 ii 102)
Les pilastres peuvent être employés dans un but
décoratif seulement (fig. 80, 81 et 82;, ou accuser et
jÎV i
les fig. 84 à 88, avec l’appareil n# 3; celles 89 à
95, avec l’appareil n° 4, et celles 96 et 97, avec l’ap-
pareil n° 5.
renforcer la jonction d’un mur de refend correspon-
dant (fig. 83).
De même que les pilastres corniers, les pilastres de
trumeaux peuvent avoir une demi-largeur de brique
La figure 99 est un exemple de pilastre situé près
d’un angle de mur faisant retour d’équerre avec un
mur de refend dont on aperçoit l’arête isolée, lequel
mur de refend est rejoint, près de l’angle, par un mur
de face oblique (appareil n° 3).
— 34 —
contre -pilastre de Om.ll de saillie également.
Fig. 90.
Fig 90.
La construction des pilastres avec l’appareil n° 3
est, à peu de chose près, la même qu’avec l’appareil
Fig. 93.
■ i i i r
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11,11
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J 1 1 I
Fig. 97
seulement de tailler en biais des joints d’assemblage
sur les angles rentrants, mais d'employer des demi-
Fi .\ !N.
+
briques ou des briques de 3/4. De même avec l’appa
reil n° 5.
Les fig. 100, 101 et 102 donnent le détail con
Fig. 100
n_» 2, et ne présente pas de difficultés; mais, avec l’ap-
pareil nl 4 {fig. 89 à 95), il devient nécessaire, non
structif de contreforts : celle 100, d’un contrefort de
trumeaux; celle 101, d’un contrefort d’angle d’abside
rectangulaire, et celle 102, d’un contrefort d’angle
d’abside octogone.
La construction des contreforts de trumeaux s’exé-
cute à peu près comme celle des pilastres.
La construction des contreforts d’angles d’absides
est d’une exécution beaucoup plus difficile, comme on
peut s’en convaincre en examinant avec quelque atten-
tion les deux exemples que nous reproduisons.
Fig. lUi
Avec la planche précédente a commencé l’étude des
saillies simples, verticales ou horizontales, obliques
ou courbes, qui sont les éléments des saillies combi-
nées, c’est-à-dire des motifs particuliers dont l’ensem-
ble constitue, avec le nu des murs, toute façade quel-
conque. Avec la présente planche, cette étude conti-
nue par des exemples d’arcs et d’arcades, auxquels
nous croyons utile d’ajouter quelques développements
touchant aussi les voûtes et les plates-bandes.
Tous les appareils employés à construire les murs
peuvent servir à former les voûtes droites ou biaises,
mais c’est l’appareil tout boutisses (n° 2) qui est le
plus habituellement mis en œuvre, en Belgique et en
France. Les Anglais, au contraire, dont les briques
ordinaires sont plus grosses que les nôtres, forment
leurs voûtes, dit le colonel Demanet dans son cours
de construction, d’une série d’arceaux ou, plutôt, de
rouleaux superposés, composés tout entiers de bri-
ques pauneresses assemblées plein sur joint (appa-
reil n° 1), et les joints ,de chaque rouleau chevauchant
avec ceux des rouleaux attenants. Ils construisent
leurs arcs de la même manière, ce qui oblige à prendre
des soins pour que les rouleaux superposés ne se dis-
joignent pas lors du décintrage des voûtes, au double
détriment de la solidité et de l’aspect; lesquels soins
consistent à ne pas trop serrer les derniers rouleaux à
la clef, afin de leur permettre de suivre le mouve-
ment des rouleaux inférieurs.
Les arcs ne sont que la coupe apparente des voûtes,
mais nécessairement arrangée pour former tète.
Quelquefois ils se détachent en saillie sur le nu des
murs, marquant ainsi nettement le champ dans lequel
se déroule en s’y renfermant la courbe des pressions,
dont le tracé répond à des conditions absolues de sta-
bilité. On meuble ou non ce champ de saillies complé-
mentaires, parfois de légers renfoncements, en outre
de briques de couleurs différentes; on l’orne aussi de
faïences, mais le plus souvent on le recouvre d’un
bandeau d’archivolte fait avec des rouleaux de briques
posées à plat ou de champ.
Les plates-bandes, qui ne sont à bien dire que des
voûtes tout à fait plates, dont on recouvre les baies de
portes ou de fenêtres, peuvent, dit le colonel Dema-
net, s’appareiller de deux manières différentes. Dans
l’une, qui est particulièrement usitée en France et en
Belgique, on fait tendre tous les joints de claveaux au
sommet d’un triangle équilatéral ayant pour côté l’ou-
verture de la plate-bande. C’est le système dont cet
ouvrage présente de nombreux exemples. Dans l’au-
tre manière, qui s’emploie couramment en Angleterre,
on pose tous les claveaux parallèlement entre eux et
inclinés en sens inverse à partir des deux côtés de la
baie, suivant un angle de 60°, de telle façon qu’ils
viennent se rencontrer et s’enchevêtrer au centre de
la plate-bande. Un linteau en fer carré, dissimulé dans
une rainure spéciale ou placé dans la feuillure contre
laquelle vient s’appuyer la menuiserie de remplis-
sage des baies, est le plus souvent nécessaire pour
assurer la solidité parfaite des plates-bandes. Pour
obtenir la même solidité, sans linteau complémentaire,
il faudrait, dans maintes circonstances, augmenter la
hauteur des plates-bandes aux dépens de l’aspect, et,
pour rester toujours dans de justes limites, propor-
tionner cette hauteur avec l’ouverture des baies ;
aussi nombre d’architectes, aujourd’hui, renoncent-ils
aux plates-bandes quand les baies sont quelque peu
larges, et préfèrent-ils alors accuser franchement un
linteau de bois ou de fer, système qui se prête d’ail-
leurs à toutes les combinaisons décoratives désirables
et tout particulièrement à l’emploi des faïences.
PLANCHES XXXIX A XLII.
Bandeaux.
Nous ne dirons qu’un mot des saillies horizontales.
Elles peuvent être formées avec le même appareil,
quel qu’il soit, que celui adopté pour une construc-
tion quelconque. Rien n’est plus facile que leur exé-
cution, mais elle est soumise à des règles que l’on
peut résumer de la manière suivante :
1° Toute brique saillante ne doit pas déborder, en
général, de plus d’un quart de sa longueur, si elle est
boutisse, ou de sa largeur, si elle est panneresse, les
briques qui la supportent.
2° Toute brique faisant partie d’un motif en encor-
bellement, doit être recouverte sur la moitié au moins
de sa longueur ou de sa largeur, par les briques du
— 36 —
rang immédiatement supérieur, de manière à se trou-
ver rattachée le plus directement possible avec le plein
du mur attenant, par une sorte d’encorbellement ren-
versé. Les deux rangs de briques supérieurs d’un mo-
tif en forte saillie, échappent forcément à celte règle ;
aussi ces briques doivent-elles n’être que le moins pos-
sible saillantes au delà de celles qui les supportent, et,
dans tous les cas, parfaitement assises et scellées sur
ces dernières.
3° Les vides formés dans l’épaisseur des murs par
l’avancement des briques au delà du parement de ces
murs, doivent être soigneusement comblés par des
briques posées en liaison, entières ou en morceaux,
et non par du mortier seulement.
PLANCHE XL1II.
Tour ronde ornée de saillies simples et ser-
vit nt d'enveloppe à un réservoir, de Pou-
lailler et de Piijeonuier.
Nous avons déjà parlé de cette planche à l’occasion
de la planche 20, qui représente une tour octogone à
usage de pigeonnier. Elle se présente ici comme exem-
ple de saillies verticales et de saillies horizontales :
pilastres et bandeaux. Nous n’avons rien de plus à en
dire, en ce qui se rapporte à l’emploi des briques,
mais il nous reste à signaler une disposition intéres-
sante du pigeonnier. Chacun des seize nids qu’il con-
tient est fermé, du côté intérieur, par une porte de
service, et en communication directe avec l’extérieur
par une ouverture particulière, munie d’une trappe
facile à manœuvrer au moyen d’une corde et d’un jeu
de poulies. Excellente disposition, qui assure la pro-
preté intérieure, et, tout en facilitant l’accès et le net-
toyage des cases, rend visibles toutes les allées et ve-
nues des pigeons, et permet de les emprisonner à
volonté quand le désir en prend aux maîtres du
logis.
PLANCHES XL1V A L.
Baies de Portes et de Fenêtres, Œils-de-bœuf
et Lucarnes.
(Voir aussi Fig. 103 k 119.)
Avec la planche 44 commence l’étude des saillies
Les pieds-droits peuvent être simples, c’est-à-dire
formant tableau uni entre deux arêtes vives, comme
une tête de mur, ou compliqués d’une feuillure pour
Fig- 101. Fig. 108.
y loger l’épaisseur d’une menuiserie de porte ou de
croisée, d’un ébrasement et quelquefois d’un cham-
branle. Nous les distinguerons les uns des autres sous
Fig. 109.
Fig. 110.
EH
Fig. 111.
Fig. 1 12.
les noms de pieds-droits simples et de pieds-droits
compliqués. Nous savons qu’on ne prend pas, quel-
quefois, la peine de réserver la place des feuillures ni
des ébrasements en construisant, et qu’on se con-
tente de les tailler au ciseau si ce n’est à la pioche ;
combinées. Cette planche et les six suivantes présentent
une cinquantaine de modèles de portes et de fenêtres,
d’œils-de-bœuf et de lucarnes courantes, sur lesquels
nous ne dirons absolument rien, au point de vue dé-
coratif. Mais le lecteur voudra bien, avant de les exa-
miner, se reporter au texte qui accompagne les
planches 37 à 42, et à la courte étude ci-dessous, trai-
tant de la construction des pieds-droits, qui sont la
partie constitutive principale des baies. Il s’agit de
leur construction rationnelle, pour des murs de O”. 22,
de 0"'.34 ou de 0m.45, élevés avec chacun des six appa-
reils dont les numéros distinctifs reviennent si sou-
vent sous notre plume.
mais ce n’est pas là raison pour que nous laissions
de côté les exemples qui suivent : c’est raison, au
contraire, pensons-nous, pour que nous attirions sur
ces exemples l’attention de nos lecteurs. Une observa-
tion est ici nécessaire : la largeur variable des tru-
meaux appelle nécessairement un raccordement parti-
Sur les fig. 126 et 127 l’ébrasement est de 0m.055,
tandis que dans fig. 128 et 129, il est de 0”.ll. Dans
ce dernier cas, un remplissage en plâtre devient né-
cessaire pour donner à l’ébrasement sa forme habi-
tuelle.
Les fig. 147, 148, 149 sont une variante du pied-
droit représenté par les fig. 144, 145, 146. Les
fig. 135 et 136 montrent un pied-droit garni d’un
veiller à ne pas déranger l’ordonnance décorative des
appareils, en faisant ce raccordement, et à l’effectuer
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symétriquement, en prenant pour axe le milieu des
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pilastre formant chambranle. Les fig. 150 à 154, se
rapportent à l’appareil n° 5, et celles 155 à 158, à l’ap-
pareil n' 6.
JZ
Rappelons, en terminant cette question des pieds-
droits, que dans certains pays, dans le midi de la
France, par exemple, et où on emploie généralement
une brique d’un plus grand appareil, on taille très
9
— 39
PLANCHES LI ET LU.
Corniches de couronnement.
Que le lecteur veuille bien se reporter au texte qui
accompagne les planches 39 à 42 (Bandeaux), où sont
exposées les règles qui doivent présider à la construc-
tion des briquetages en saillie. Nous n’avons rien de
plus à dire des deux présentes planches, dont tous les
dessins s’expliquent suffisamment d’eux-mèmes, et
sont d’ailleurs accompagnés de coupes nombreuses
qui en indiquent la construction pour ainsi dire brique
à brique.
PLANCHES LUI ET L1Y.
Grandes lucarnes et motifs divers formant
amortissements .
Ces planches continuent la longue série des sail-
lies combinées. Ici, comme précédemment, et comme
dans les planches suivantes, des coupes détaillées
nous dispensent de toute explication.
PLANCHE LY.
Balcons.
Un seul mot : les consoles nécessairement très sail-
lantes qui supportent les balcons, ne peuvent pas être
construites uniquement en briques. La pierre est né-
cessaire, et cette pierre doit pénétrer d’une seule pièce
dans toute l’épaisseur des murs, jusqu’au parement
intérieur. Mais la brique peut jouer dans ces consoles,
comme dans le reste des balcons, un rôle décoratif im-
portant. On remarquera sur cette planche la manière
dont les arcs du balcon inférieur sont exécutés, pour
ne retomber sur les consoles qu’avec une largeur de
brique, quoiqu’ils soient bandés en 0n\22 d’épaisseur
sur la majeure partie de leur développement. C’est une
disposition excellente au point de vue décoratif, et
qui ne nuit en rien à la solidité des arcs d’une étendue
restreinte.
PLANCHE LVI.
Balustrades.
Les semis différents de croix grecques et de losan-
ges caractéristiques des divers appareils, que nous
avons signalés à l’attention de nos lecteurs dans le
chapitre III (Emploi des briques. — Considérations
générales ), peuvent servir à former les à-jour des ba-
lustrades. C’est ainsi que, dans la figure 1 (Planche 56),
on remarque les losanges carrés à 7 rangs de briques
de l’appareil n° 6, dans la ûgure 10, ceux à 5 rangs de
briques de l’appareil n° 3, mais disposés en quadrillé
ordinaire au lieu de l’être en quinconce, et dans la
figure 3, un semis de croix grecques appartenant à
l’appareil n° 5.
Toutes les balustrades figurées sur cette planche ne
présentent pas la même solidité d’assiette. Ce sont des
motifs courants, qui doivent, on le conçoit, être conso-
lidés par des points d’appui plus ou moins espacés, en
raison de la plus ou moins grande stabilité indivi-
duelle de ces divers motifs.
PLANCHE LYII.
Pignons.
Il s’agit, principalement dans cette planche, de la
manière de construire et d’orner les lignes rampantes
des pignons. La bonne disposition de leur amortisse-
ment à la pointe est aussi une chose importante.
Peut-on nier qu’ici la brique soit plus décorative que
la pierre, et n’est-il pas permis de dire que le pignon
de la maison de Jules Janin, surmonté de sa souche
de cheminée en amortissement, est un véritable chef-
d’œuvre en son genre?
Dans le nord de la France on trouve souvent la dis-
position représentée par la fig. 159.
PLANCHE LVIII.
Souches de cheminées.
Montre-moi tes souches de cheminées, etje te dirai
ce que tu es ! Ce qui veut dire qu’entre les souches de
cheminées et le reste de l’édifice il doit exister un ac-
cord parfait. Que j’en ai vu cependant, des maisons
de riche apparence, montrer orgueilleusement des
cheminées prétentieuses, mais faites en briques de
champ et avec un simple renformis en plâtre pour
former tuyau de fumée arrondi ! Cheminées de carton :
maisons de pacotille.
Avec cette planche se termine l’étude des saillies
combinées directement applicables aux édifices.
PLANCHE LIX.
Cheminées d'usines.
Qui ne se rappelle les belles et hautes cheminées
qui accompagnaient si heureusement le palais de fer
de notre dernière Exposition universelle ? Tous les
visiteurs s’exclamaient à leur vue : je préfère l’An-
glaise, disait l’un; j’aime mieux la Belge, répondait
l’autre C’est une Française que nous présentons à
nos lecteurs. Elle se trouve à gauche de la planche.
La cheminée placée à droite est une composition de
l’auteur de cet ouvrage. Ce n’est pas pour sa beauté
que nous appelons l’attention sur elle, quoiqu’elle
en vaille bien la peine, mais pour un détail intéressant
de sa construction.
On sait que le fût des cheminées s’élève en s’amin-
cissant graduellement, avec un fruit de 2 centimètres
et demi à 3 centimètres par mètre de hauteur, bien
que la section du canal d’écoulement des fumées soit
la même en haut qu’en bas, et que ce fût se construit le
plus souvent en briques ordinaires, avec un parement
intérieur parallèle au parement extérieur, mais subdi-
visé, par des retraites successives, en tronçons égaux
de 4 à 5 mètres de hauteur. L’épaisseur des troncs de
cône ainsi superposés, diminue d’une largeur de bri-
que successivement à chaque retraite. Le tronc supé-
rieur n’a généralement que 0m.22 d’épaisseur, de sorte
que celui inférieur, d’une cheminée de 20 à 25 mètres
de hauteur de fût, se trouve avoir 0m.45 à 0m.57, sui-
vant le nombre des retraites d’épaisseur. Tous les
lits des rangs de briques en forme d’anneaux qui
composent tous les tronçons, sont un peu inclinés
vers 1 intérieur de la cheminée, de manière à couper
normalement les parements, de telle façon qu’en
employant l’appareil n° 2, ces parements sont par-
faitement unis sans taille de briques. Mais il n’en est
pas de môme pour la confection des moulures et des
cavets renversés qui agrandissent le pied du fût, pour
l’asseoir convenablement sur le socle de la cheminée.
On se contente, habituellement, de tailler les briques du
parement, pour cet objet, comme on taillerait de la
Fig. IfiO Pt |6|.
pierre (voir a a fig. 160 et 161). M. Lacroux, au con-
traire, ne taille aucune des briques du parement; il
ne moulure que de la pierre, et il revêt les courbes
formant cavot renversé du môme appareil tout bou-
tisses que le reste de la cheminée, en disposant les
briques normalement à la courbe, et en leur faisant
jeter des harpesdeliaisondanslamaçonnerieintérieure,
comme on le voit dans la fig. 161. Ce mode de con-
struction est assurément préférable au précédent.
Les coupes horizontales ci-dessous (fig. 162 et 163) in-
diquent l’arrangement des tas superposés de briques,
pour des épaisseurs deOm.45 et de 0m.57.
Fig. 162.
PLANCHE LX.
Piédestaux.
Combien des piédestaux en briques, ou du moins
mélangés de brique et do pierre, animeraient tout
jardin, quelque classique qu’il fût! Dira-t-on que les
statues en souffriraient? Mais depuis quand le ton
brique nuit-il donc à la blancheur des marbres? Nous
pensons, au contraire, que plus d’une statue gagnerait
à ce voisinage. Toutefois, l’emploi de la brique exige
ici de la mesure, de la simplicité, une touche plus ou
moins légère en accord avec le sujet de sculpture au-
quel est destiné le piédestal qu’on exécute.
On retrouve dans cette planche (fig. il à 16) le
système de construction des cavets renversés en bri-
ques, dont nous parlions à l’occasion de la planche
précédente. On remarquera que les harpes intérieures
du revêtement se relient avec du béton, ce qui est à
la fois économique et excellent.
PLANCHES LXI ET LXII.
Piliers.
On désigne sous le nom de pilier tout corps isolé
et massif de maçonnerie portant charge : filet, poitrail,
arc ou voùie, etc., ou bien servant de point d’appui
à une grille de clôture, par exemple, ainsi qu’il une
grille ouvrante.
La brique est souvent employée dans les piliers,
soit seule, soit mélangée à la pierre.
Les Pl. 61 et 62 ne présentent que des piliers
de murs de clôture, couronnés de leurs chapiteaux, et
quelques-uns d’entre eux rattachés par le bas à des
bahuts. Ces exemples suffisent, avec nos éludes pré-
cédentes et les détails suivants, pour répondre à tous
les besoins constructifs et décoratifs qui peuvent se
présenter dans la pratique.
Fig. 161. Fig. 167.
Fig. 165.
La construction des piliers de clôture en briques est
souvent négligée, comme le montrent les figures. 1 et 5
de la PL 61 et la figure 9 de la Pl. 62, dans les-
quelles il n’existe aucune liaison entre le briquetage
décoratif de 0"'. 1 1 d’épaisseur, formant enveloppe, et
le blocage intérieur également en briques. Les piliers
de ce genre, que l’on trouve assez fréquemment em-
ployés, sans doute à cause de leur construction facile
et partant économique, sont assurément moins so-
Fig. 169.
convenablement liaisonnées avec les briques de rem-
plissage. Au point de vue de la stricte économie,
comnfe à celui de la solidité, il y aurait certainement
avantage à former de béton le noyau de ces piliers
condamnables, mais de béton, disons-nous, pilonné
par couches peu épaisses et sans désemparer.
Les fig. 164 à 169 ci-dessus, se rapportant à des piliers
carrés en plan et de cinq grosseurs différentes, de
deux à six largeurs de brique de côté, indiquent la
manière de disposer les assises superposées. On re-
marquera que toutes les assises d’un môme pilier, de
la fig. 164 à la fig. 185, sont pareilles l’une à l’autre,
mais qu’elles se superposent après avoir pivoté l’une
sur l’autre d’un quart de tour autour de l’axe vertical
de ce pilier. Dans la fig. 169, le pilier se raccorde avec
un mur lui faisantsuite. Excepté dans la fig. 164, chaque
assisecontient un certain nombre de briques diminuées
de longueur. Cette dernière observation s’adresse à
toutes les figures qui suivent (165 à 185).
Fig-
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Les fig. 170 à 185 se rapportent à des piliers dont le
plan est disposé en croix grecque, simple ou flanquée
de redans saillants dans ses angles, et de grosseurs di-
verses, depuis quatre jusqu’à dix largeurs de brique,
entre deux faces opposées. La fig. 171 est une variante
de la fig. 170. Elle est plus facile à construire, mais
10
Les piliers de forme cylindrique ou polygonale,
s’emploient rarement dans les constructions en bri-
Fig. 186.
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présente des points a a qui restent sans liaison. De
même dans la fig. 176, variante de la fig. 175.
Fig. 183.
La fig. 173 est également une variante de la fig. 172.
Sa construction nécessite un nombre moindre de
briques diminuées de longueur, mais exige l’emploi
de morceaux de brique b b en parement, ce qui toute-
Fig. 181.
fois est sans grand inconvénient, la place qu’occupent
ces morceaux étant protégée par les angles saillants
voisins. Les mômes morceaux de brique se trouvent
également en bb dans la fig. 178, qui est une variante
de la fig. 177.
Fig. 183.
ques, à cause de leur grande difficulté d’exécution.
Nous en donnons cependant un double exemple dans
les fig. 186, 187, 188 et 189.
Fig. 187.
PLANCHES LXIII A LXVII.
Clôtures de Cours et Murs de clôture.
Déjà, depuis la planche 59, nous avons quitté l’étude
des saillies combinées, mais nous ne sommes encore
que dans le groupe des motifs spéciaux et des petits
ensembles. Ce n’est qu’avec la planche 68 que nous abor-
derons les ensembles proprement dits. Sur la présente
série de planches, non plus d’ailleurs que sur la sui-
vante, nous ne dirons rien, pour laisser à nos lecteurs
I leur liberté complète d’appréciation.
PLANCHES LXVIII A LXXV.
Ensembles.
Planche LXVIII. — Hôtel, à Passy, par M. Lemaire,
architecte. Emploi d’un appa-
reil de fantaisie au 1" étage
et de l’appareil n° 5 au rez-de-
chaussée.
Planche LXIX et LXX. — Maison de campagne, à
Neuilly-sur-Seine, par M. Ga-
land, architecte. Emploi de
l’appareil n' 1 et 2 par bandes
dans les frises. Linteaux en
pierre ornés de faïences.
Planche LXXI. — Maison de campagne, à Trouville,
par M. Delaistre, architecte.
Emploi de l’appareil n* 3.
Planche LXXII. — Pavillon de concierge, à Neuilly-
sur-Seine, par M. Galand, ar-
chitecte. Appareil n° 5 au rez-
de-chaussée et n° 3 au premier
étage.
Planche LXXIII. — Pavillon de concierge, à Neuilly-
sur-Seine, par M. Galand, ar-
chitecte. Appareils mélangés,
de fantaisie , principalement.
Planche LXXIV. — Écuries à Paris, par M. Feine,
architecte. Appareils mélangés.
Frises et allèges ornées de
faïences.
Planche LXXV. — Constructions diverses : Réser-
voir-Belvédère, appareil n° 2.
Petits chalets à ossature de
charpente et remplissages en
briques (appareil n° 1).
Nous 110 pouvons terminer la description des planches de cet ouvrage, sans appeler l’attention des amateure de
belles œuvres sur leur exécution parfaite. Le tracé des joints blancs sur des briquetages de couleurs diverses
et dessinés il petite échelle, exige des soins infinis et de nombreuses révisions, qui se traduisent finalement
par des dépenses considérables; aussi n’avait-on jamais, jusqu’à présent, même essayé de faire des façades
pareilles à celles qui foisonnent ici. Si donc le lecteur, par hasard, découvre quelque erreur ou quelque
omission dans le tracé des joints de briques sur ces façades, il la pardonnera et n’en devra pas moins à
l’auteur, comme à ses éditeurs, des félicitations méritées.
G. Detàin.
TABLE GÉNÉRALE DES PLANCHES
1. — Surfaces illimitées. — Appareil n" I.
3. — Halles et Marchés de Paris.
4,. — Cheminées de cuisine.
3. — Surfaces illimitées. — Appareil n* 2.
7. — Constructions diverses.
Pavillon de repos dans un jardin, par M. Hugielin, archi-
tecte. _ Posic de secours, nu Marché-aux-chevaux, à
Paris, par M. Magne, architecte. — Poulailler et Pigeon-
nier, par M. Huguelin, architecte. — Pavillon-Bureau, au
Marché-aux-chevaux, à Paris, par M. Magne, architecte.
8. — Surfaces illimitées. — Appareil n* 3.
10. —
11. — — ~
12. — Écuries, Remises et Logement de jardinier, par M. Edsi.
Guillaume, architecte.
13. — Surfaces illimitées. — Appareil n” 4.
14. — — —
15. — Fontaines isolées et adossées.
16. — Surfaces illimitées. — Appareil n” 5.
17. — — —
18. — Chalet, à Brunoy (Seine-el-Oise), par M. Davioud, ar-
chitecte.
19. — Écuries et remises.
Rue François-1", à Paris, par M. CAitniEn, architecte. —
Rue Charles-Laffitte, U Neuilly (Seine), par M. Galand,
architecte.
20. — Volière, Poulailler et Pigeonnier, à Auffargis (Seine-et-
Oise), par M. Duvilleus, architecte-paysagiste.
21. — Surfaces illimitées. — Appareil n* 6.
22. — Orangerie et Serres diverses.
23. — Surfaces illimitées. — Appareils divers.
24. — Maison de garde et de jardinier.
Maison de garde, porte des Sablons, au bois de Boulogne
(Paris), par M. Davioud, architecte. — Maison de jardi-
nier, rue d'Erlanger, à Autcuil (Paris), par M. Delabue,
architecte.
25. — Pavillon de jardinieret Écuries, à Boissy-Saint-Antoine
(Seine-et-Oise), par M. Galand, architecte.
26. — Surfaces limitées. — Frises. — Appareil n" 1 et 2.
27. — - — — H“ 3.
28. — — — — n” 4.
29. — — — — n° 5.
30. — — — — ,n* 6.
31. — Petit hôtel pour un artiste, boulet “ Malesherbes, n” 151,
à Paris, par M. Uegeorge, architecte.
32. — Petite maison de campagne, à Poissy (Seine-et-Oise),
par M. Sauvestiie, architecte.
33. — Surfaces limitées. — Trumeaux.
34. — — Trumeaux avec niches et tables
saillantes.
35. — - Allèges et appuis de fenêtres.
36. — Hôtel d’un peintre, avenue de Wagram, n® 128, à
Paris, par M. A. Feine, architecte.
37. — Saillies simples. — Chaînes et pilastres.
38. — Saillies simples.
- Arcs et Arcades.
Bandeaux. — Appareil n"* 1 cl 2.
- Pigeonnier, Réservoir et Poulailler, avec garenne au-
dessous, boulevard Excelmans, à Auteuil, par
M. Edsi. Guillaume, architecte.
- Saillies combinées. — Petites portes.
— Grandes portes.
— Fenêtres.
— Grandes fenêtres.
Fenêtres diverses et œils-de-
bœuf.
— Lucarnes.
— Corniches de couronnement.
— Grandes lucarnes d'amortis-
sement.
— Amortissements divers.
— Balcons.
— Balustrades.
— Pignons.
— Souches de cheminées.
- Ensembles. — Cheminées d’usine.
— Piédestaux.
— Piliers pour portes et grilles de clôture.
— Clôtures de cour.
— Murs de clôture.
66. — — Portes et murs de clôture
67. — — Murs de clôture pour cimetières.
68. — — Hôtel, rue Théry, à Passy, par M. E. Le
Maire, architecte.
69. — — Maison de campagne, boulevard Mail-
lot, n“ 66, à Neuilly, par M. Galand,
architecte. — Face principale.
. 70. — — — Face postérieure et Face latérale.
71. — — Villa, Trouville-sur-Mer (Calvados),
par M. E. Delaistre, architecte.
72. — — Pavillon de concierge , rue Charles-
Laffitte, n" 63, à Neuilly (Seine), par
M. Galand, architecte.
73. — — Pavillon de concierge, au coin du bou-
levard Maillot et de la rue Ancelle,
à Neuilly .Seine), par M. Galand,
architecte.
74. — — Écuries, rue Pierre-Charron, n* 55, à
Paris, par M. A. Feine, architecte.
75. — — Constructions diverses.
Réservoir et Belvédère. — Bureaux de la Sectiou do l'Agri-
rulturc (Exposition universelle de 1878). — Hangar et
débarras pour les outils de jardinage, boulevard Exccl-
mans, il Autcuil, pnr M. Euu. Guillaume, architecte.
Paris. — Imprimerie Arnous de Rivière,
Racine, 26.
LA BRIQUE ORDINAIRE
PL. 1
LA BRIQUE ORDINAIRE.
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PL 8.
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PL. 9.
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LA BRIQUE ORDINAIRE
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LA BRIQUE ORDINAIRE
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BRIQUE ORDINAIRE
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LA BRIQUE ORDINAIRE
PL. 17.
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Du cher & Cie Editeurs.
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SURFACES ILLIMITÉES
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Daumont.lith
SURFACES LIMITEES
Allèges & Appuis i de fenêtres.
Echelle de omoS c p . mètre
BRIQUE ORDII
LA BRIQUE ORD
lSlli.il Lift
Arcs, Arcades & Tympans
LA BRIQUE ORDINAIRE
PL 39.
Appareil N? 2.
Echelle de omo5cD mètre
lmp Monrocq. Pans.
Ducher & C!e Editeurs
Daumont, lith
SAILLIES SIMPLES
Bandeaux
( Appareils N“U2.)
I
lmp Monrocq. Paris
Ducher k C?e Editeurs
SAILLIES SIMPLES
Bandeaux.
( Appareil N° 5 )
BRIQUE ORDINAIRE
PL 45
Grandes Portes
LA BRIQUE ORDINAIRE
i:
i
M! 11
II
H»
LA BRIQUE ORDINAIRE
Daumont.lith
Duchei* &
DES
Editeurs .
Echelle de omoS c p . mètre.
Duchep & C,e Editeurs.
SAILLIES COMBINÉES
Corniches de Couronnement
lmp. Monrocq, Pans
LA BRIQUE ORDINAIRE
muni
LA BRIQUE ORDINAIRE
Grandes Lucarnes
d amort iss e ment s
LA BRIQUE ORDINAIRE
PL . 54.
Duchep & C1C Editeurs.
Amortissements divers
;
LA BRIQUE -ORDINAIRE
LA BRIQUE ORDINAIRE
Ducliep & Cie Editeurs
SAILLIES COMBINÉES
Souches de Cheminées
lmp MottPoeçpParis
Daumont, Rûi
LA BRIQUE ORDINAIRE
* PL. 59
1
*
BKiUUh UKEJlNAlKh,
MB
LA BRIQUE ORDINAIRE
PL. 68
Rez - de - Chaussée.
Vf Etage
Echelle de orooo4m p. mètre’.
lmp. Monrocq, Pans .
Duchei* & Cie Editeurs.
Daumont.lith
Vue du coté de l' entrée.
à Vestibule
b b Salons
c Salle -a-manger
d. Office
e Vestiaire
HOTEL
Rue Théry, à Passy
par Mr Eug LE MAIRE. Arch1''
LA
pip. Monrocq, Pans
Duché?' & Cie Editeurs.
MAISON DE CAMPAGNE
Boulevard Maillot, N° 66 . à Neuilly
par M*1 GALAND , Arch ?
Daumont, hth
Facsrie su
i.égende
Net • de • Chaussée
i. Veiiibule
6 Office
6 G1 Escalier
7 Fscsher de service.
BRIQUE ORDINAIRE
PL 63
’ •
i
LA BRIQUE ORDINAIRE'
PAVILLON DE CONCIEROE
an coin du Boulevard Maillot & de la rue Ancelle , à Neuilly
par MF GALAND , Arch le
Elévation
BRIQUE ORDINAIRE
Gaumont, liih *' ' ! Duché? & Cie Editeurs.
CONSTRUCTIONS DIVERSES